Château de Fournils
Édifié entre 1858 et 1860 au cœur du Périgord, le château de Fournils allie élégance Second Empire et vocation viticole rare, produisant un vin selon la méthode champenoise — une singularité absolue en Dordogne.
Histoire
Niché aux confins du Périgord blanc, aux portes de la double vallée Isle-Dronne, le château de Fournils se dresse avec une discrétion aristocratique sur les terres de Saint-Laurent-des-Hommes et Beaupouyet. Bâti entre 1858 et 1860 au temps du faste Second Empire, il incarne cette vague de renouveau architectural qui transforma les campagnes françaises sous Napoléon III, lorsque propriétaires terriens et bourgeoisies provinciales rivalisaient d'ambition pour ériger des demeures à la fois confortables et représentatives de leur rang. Ce qui distingue véritablement Fournils de ses pairs périgourdins, c'est la cohérence remarquable d'un domaine pensé comme un tout vivant. Le château n'est pas qu'une résidence : il est le cœur d'un ensemble agricole et viticole dont la pièce maîtresse est une production de vin élaboré selon la méthode champenoise — une curiosité œnologique aussi rare que séduisante pour une région dont la renommée viticole s'exprime plus volontiers en rouges tranquilles. Cette vocation champenoise parle d'une ambition et d'une originalité d'esprit qui caractérisent les propriétaires du domaine depuis plus d'un siècle. Les dépendances de l'ancien château — celui qui précédait l'actuel édifice et dont il ne reste plus trace en élévation — ont été soigneusement préservées et reconverties, témoignant d'une continuité historique précieuse. Certaines abritent aujourd'hui les membres de la famille propriétaire, faisant de Fournils un domaine véritablement habité, vibrant d'une vie familiale qui lui confère une authenticité rare dans le paysage patrimonial français. Pour l'amateur de patrimoine, la visite de Fournils offre l'expérience singulière d'un château inscrit aux Monuments Historiques qui a traversé les époques sans jamais perdre son âme : résidence secondaire, mémorial de guerre, exploitation viticole audacieuse. Le parc qui l'entoure, typique des compositions paysagères du XIXe siècle en Périgord, invite à une promenade entre frondaisons et dépendances en pierre blonde.
Architecture
Le château de Fournils s'inscrit dans le courant néo-classique et éclectique propre à l'architecture résidentielle du troisième quart du XIXe siècle, période féconde où les commanditaires fortunés puisaient librement dans le répertoire des styles historiques pour composer des demeures à la fois confortables et représentatives. Construit entre 1858 et 1860, l'édifice présente très vraisemblablement les caractéristiques du château de plaisance Second Empire périgourdin : corps de logis rectangulaire à deux niveaux sur sous-sol, flanqué de pavillons d'angle à toiture en pavillon, le tout en pierre calcaire blonde extraite des carrières locales qui confèrent aux constructions du Périgord blanc leur luminosité caractéristique. Les toitures à forte pente, probablement recouvertes d'ardoise selon les usages de l'époque pour les demeures d'ambition, couronnent un ensemble aux proportions équilibrées. La composition des façades, typique de cette période de transition entre néo-classicisme et éclectisme, associe vraisemblablement des travées régulières de fenêtres à encadrements moulurés, un avant-corps central souligné par un fronton ou un léger ressaut, et un perron à double volée donnant sur le parc. L'intérieur devait proposer la distribution rationnelle caractéristique des châteaux bourgeois du Second Empire : enfilade de salons de réception au rez-de-chaussée, appartements privés à l'étage, dégagements et offices relégués aux ailes. Les dépendances conservées de l'ancien château constituent quant à elles un contrepoint architectural précieux : édifiées dans un style plus sobre et fonctionnel, elles illustrent l'architecture rurale et agricole du Périgord, avec leurs volumes massifs, leurs murs épais et leurs toitures à tuiles canal. L'ensemble forme un dialogue architectural entre deux époques, que l'inscription aux Monuments Historiques en 2022 a officiellement reconnu comme digne de transmission aux générations futures.


