Surgissant au cœur du Finistère, l'église Sainte-Nonna de Logonna-Daoulas déploie ses fenêtres flamboyantes et son élancée flèche à crochets, témoignage vibrant de la foi bretonne des XVIe et XVIIe siècles.
Nichée dans le bourg de Logonna-Daoulas, aux portes de la presqu'île de Plougastel et à deux pas de l'estuaire de l'Aulne, l'église Sainte-Nonna constitue l'un des joyaux discrets du patrimoine religieux finistérien. Dédiée à sainte Nonne, mère légendaire de saint David de Galles, elle porte en elle toute la spiritualité celtique qui irrigue profondément la Bretagne armoricaine. Inscrite aux Monuments Historiques dès 1935, elle mérite bien plus qu'un coup d'œil furtif depuis la route : c'est une invitation à une rencontre intime avec plusieurs siècles d'art sacré breton. Ce qui distingue immédiatement Sainte-Nonna, c'est la cohérence de son élévation extérieure, entre sobriété granitique et ornements gothiques tardifs. Les fenêtres aux réseaux flamboyants capturent la lumière atlantique avec une grâce particulière, découpant des ombres mouvantes sur les murs de granit gris. Le clocher à deux étages ajourés, couronné d'une longue flèche à crochets, structure le paysage du bourg et demeure visible depuis les collines environnantes, ponctuation verticale dans un territoire dominé par les horizons marins. L'intérieur révèle un plan cruciforme d'une belle complexité : les piles cylindriques, les arcades en tiers-point et les bras du transept subtilement subdivisés créent une circulation visuelle surprenante pour une église de village. Le chevet à trois pans, couronné de trois lanternons, baigne le chœur d'une lumière douce et diffuse, propice au recueillement comme à la contemplation architecturale. La visite de Sainte-Nonna s'inscrit naturellement dans la découverte du pays de Daoulas, entre abbaye romane et paysages de l'Elorn. Elle ravira aussi bien le passionné d'architecture gothique bretonne que le promeneur en quête d'authenticité loin des circuits touristiques saturés.
L'église Sainte-Nonna adopte un plan en croix latine d'une organisation soignée : une nef de deux travées précède un transept dont chaque bras est subdivisé en deux par une arcade perpendiculaire à l'axe principal, créant ainsi une spatialité intérieure plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord. Les arcades de la nef, en tiers-point caractéristique du gothique flamboyant, retombent en pénétration directe sur des piles cylindriques, sans impostes ni chapiteaux intermédiaires — un parti pris constructif élégant qui confère légèreté et fluidité à l'espace. Le chœur, à peine plus profond que le transept, s'achève par un chevet à trois pans, trois pignons et trois lanternons, dispositif qui multiplie les sources lumineuses et crée une terminaison orientale particulièrement lumineuse. Les fenêtres, ornées de réseaux flamboyants finement ciselés dans le granit local, constituent l'ornement majeur de l'édifice. Ce style tardif, maintenu en Bretagne jusqu'au milieu du XVIIe siècle, témoigne de la vitalité d'une tradition régionale réfractaire aux modes venues d'Italie ou du Val de Loire. Le porche, daté 1618, présente les caractéristiques des porches bretons de la période : voûte à nervures, niches à statuettes et inscription gravée. Le clocher à deux étages ajourés, complété en 1667, est couronné d'une flèche à crochets élancée qui dialogue avec le ciel breton et les horizons de l'estuaire voisin. L'ensemble du bâti est réalisé en granit, matériau roi du Finistère, donnant à l'édifice sa teinte gris-bleu caractéristique et sa robustesse face aux vents atlantiques.
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Logonna-Daoulas
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