Eglise Saint-Sour
Joyau gothique flamboyant du Périgord, l'église Saint-Sour de Terrasson-Lavilledieu conserve les fastes d'une abbaye bénédictine bâtie aux confins du XVe siècle, entre gisants médiévaux et chapiteaux romans rescapés des guerres de Religion.
Histoire
Dressée au cœur de Terrasson-Lavilledieu, sur les rives de la Vézère, l'église Saint-Sour est l'héritière silencieuse d'une abbaye bénédictine dont la fondation remonte aux premières heures du christianisme en Périgord. Son élévation gothique flamboyante, caractéristique des chantiers méridionaux de la fin du Moyen Âge, tranche avec la sévérité des collines boisées qui encadrent la ville, offrant au regard une dentelle de pierre d'une rare élégance. Ce qui distingue Saint-Sour de nombre d'édifices contemporains, c'est la stratification visible de ses âges successifs. Ici, un chapiteau roman à entrelacs évoque la communauté carolingienne primitive ; là, un gisant sculpté rappelle que des abbés et des notables du Périgord Noir vinrent chercher, entre ces murs, un repos éternel. Cette palimpseste de pierre offre au visiteur attentif une leçon d'histoire architecturale en miniature, sans jamais sacrifier la cohérence esthétique de l'ensemble gothique. L'expérience de visite se révèle intimiste et contemplative. L'intérieur, sobre dans sa polychromie, laisse toute la place aux jeux de lumière filtrés par les baies du chevet. Les bas-reliefs conservés et les vestiges lapidaires disposés en réserve témoignent du soin apporté à la mise en valeur du patrimoine. La restauration menée au XIXe siècle, achevée en 1889, a su restituer la lisibilité du vaisseau sans écraser la patine accumulée au fil des siècles. Le cadre urbain de Terrasson-Lavilledieu enrichit la visite : dominée par son église, la vieille ville médiévale se déploie en terrasses vers la Vézère, offrant des points de vue pittoresques sur la campagne périgourdine. Les Jardins de l'Imaginaire, à quelques pas, complètent idéalement une journée dédiée au patrimoine local. Saint-Sour constitue ainsi une étape incontournable pour qui explore le triangle d'or Périgueux–Sarlat–Brive.
Architecture
L'église Saint-Sour s'inscrit dans le vocabulaire du gothique flamboyant méridional, tel qu'il se développa dans le sud-ouest de la France entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle. Le plan, probablement à nef unique ou à collatéraux peu développés selon l'usage des abbayes bénédictines périgordines de cette époque, est orienté est-ouest avec un chevet polygonal. Les élévations intérieures révèlent des arcades en arc brisé surmontées de réseaux de nervures croisées d'une facture soignée, témoignant du savoir-faire des tailleurs de pierre locaux formés aux modèles flamboyants diffusés depuis les grands chantiers du Val de Loire et du Languedoc. À l'extérieur, la façade occidentale et les flancs latéraux conservent des traces de l'organisation d'origine, avec des contreforts saillants et des baies à remplage flamboyant dont certaines ont été remaniées lors de la restauration du XIXe siècle. Les portails, bien que partiellement refaits, présentent encore des moulures en amande et des archivoltes caractéristiques du vocabulaire gothique tardif. La pierre calcaire blonde du Périgord, utilisée pour l'ensemble de la construction, confère à l'édifice cette teinte chaleureuse commune aux monuments de la région. L'intérêt patrimonial de Saint-Sour est renforcé par la présence de vestiges lapidaires romans — chapiteaux à feuillages stylisés et modillons figurés — vraisemblablement issus d'un édifice antérieur sur le même site. Un gisant médiéval et des bas-reliefs sculptés complètent le mobilier funéraire et dévotionnel conservé, faisant de l'église un véritable musée lapidaire à ciel ouvert, où chaque pierre raconte un chapitre différent de l'histoire du Périgord Noir.


