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Eglise Saint-Saturnin

Église

Joyau roman du Cantal, Saint-Saturnin de Mauriac déploie un chevet à trois absides et une coupole sur pendentifs, rehaussés d'un décor sculpté médiéval d'une rare finesse et d'apôtres peints du XVIe siècle.

Histoire

Au cœur de la petite ville de Mauriac, dans le Cantal profond, l'église Saint-Saturnin s'impose comme l'un des témoignages les plus complets de l'art roman auvergnat en Haute-Auvergne. Son plan ramassé, son chevet triabsidial et sa silhouette trapue semblent surgis directement du XIIe siècle, comme si le temps avait épargné ses pierres volcaniques au profit des générations à venir. Ce qui distingue Saint-Saturnin de bien d'autres édifices romans régionaux, c'est la superposition visible de plusieurs siècles d'histoire gravée dans la pierre. On y lit, sans effort d'interprétation, les cicatrices des guerres de Religion, les reprises médiévales tardives et les embellissements de la Renaissance, formant un palimpseste architectural d'une exceptionnelle lisibilité. La coupole sur pendentifs qui coiffe la croisée du transept, rare en dehors du Périgord et de la Saintonge, confère à l'intérieur une majesté inattendue pour un édifice de cette échelle. La visite réserve de véritables surprises : les chapiteaux de la nef et du chœur rivalisent d'inventivité avec leurs entrelacs végétaux, leurs scènes bibliques et leurs corbeilles peuplées de figures humaines et animales grimaçantes. Plus intimiste, l'absidiole nord révèle un cycle peint d'apôtres, tracé au XVIe siècle avec une palette aux ocres et aux bleus encore vibrants malgré les siècles. Le cadre même participe à l'expérience : Mauriac, chef-lieu de canton perché sur un plateau basaltique à plus de 700 mètres d'altitude, entoure l'église d'une atmosphère de ville-étape médiévale préservée. Le parvis offre une vue dégagée sur les toitures de lauzes et les volcans endormis du Cézallier en toile de fond, une composition que n'aurait pas reniée un peintre de l'école de Barbizon. Classée Monument Historique depuis 2002, Saint-Saturnin est aujourd'hui entretenue et accessible aux visiteurs tout au long de l'année. C'est un monument qui récompense l'observateur patient : plus on s'attarde sur ses détails sculptés, plus l'édifice se révèle, couche par couche, comme un livre d'images taillé dans le basalte auvergnat.

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