Eglise Notre-Dame
Ancienne chapelle de Templiers du XIIe siècle, l'église Notre-Dame de Lempzours fascine par ses rares coupoles sur pendentifs, témoignage saisissant de l'architecture romane périgordine à son apogée.
Histoire
Nichée au cœur du Périgord vert, l'église Notre-Dame de Lempzours est l'une de ces pépites architecturales que la Dordogne dissimule avec une générosité sans égale. Monument historique classé depuis 1938, elle appartient à cette famille singulière d'édifices romans du Sud-Ouest dont la silhouette est rythmée par des coupoles sur pendentifs, système de couverture hérité de l'Orient byzantin et naturalisé en terre aquitaine au cours du XIIe siècle. Ce qui distingue immédiatement Notre-Dame de Lempzours, c'est son intimité et la qualité de son espace intérieur. Trois travées sur plan carré se succèdent, coiffées chacune d'une coupole, dont la centrale, plus haute que les autres, confère à l'ensemble une hiérarchie spatiale saisissante. Cette organisation tripartite évoque les grandes églises à coupoles de la région — comme la cathédrale de Périgueux ou l'église de Souillac — mais dans un format recueilli, presque monastique, qui rend l'édifice particulièrement émouvant. L'histoire templière qui entoure ce lieu ajoute une dimension ésotérique et historique incomparable. La tradition locale affirme que l'église était la chapelle d'une commanderie de l'Ordre du Temple dont les bâtiments s'élevaient à proximité immédiate. Qu'elle soit ou non fondée, cette filiation plonge le visiteur dans l'atmosphère des grandes heures de la chrétienté médiévale, des croisades et des routes de pèlerinage. La visite, courte en durée mais riche en émotions, permet d'observer les traces des interventions successives qui ont modelé l'édifice au fil des siècles : plancher remplaçant la première coupole disparue, toiture à quatre pans masquant la coupole centrale, chœur carré substituant à l'abside semi-circulaire d'origine. Ces cicatrices architecturales racontent, mieux que tout discours, la vie longue et mouvementée d'un bâtiment de village resté debout malgré les aléas du temps.
Architecture
L'église Notre-Dame de Lempzours s'inscrit dans la famille des édifices romans périgordins à coupoles sur pendentifs, système constructif remarquable qui permet de couvrir un plan carré par une voûte hémisphérique grâce à quatre triangles sphériques assurant la transition entre le carré et le cercle. Ce procédé, dont la cathédrale Saint-Front de Périgueux offre l'exemple le plus grandiose en Dordogne, est ici décliné dans une version intimiste et villageoise qui n'en perd rien de sa noblesse. Le plan se compose de trois travées carrées successives. La travée orientale, correspondant au sanctuaire, est coiffée d'une coupole sur pendentifs parfaitement conservée à l'intérieur, bien que masquée extérieurement par une toiture à quatre pans ajoutée lors de travaux ultérieurs. La travée médiane, la plus haute, constitue le cœur spatial de l'édifice et crée un effet de lanternon qui devait, à l'origine, être couronné d'un tambour lumineux. La première travée, côté ouest, a perdu sa coupole originelle, remplacée par un plancher qui modifie sensiblement la perception de l'espace mais témoigne de l'usage continu du bâtiment au fil des siècles. L'abside primitive, qui devait être semi-circulaire selon le canon roman aquitain, a été remplacée par un chœur carré, intervention fréquente dans les campagnes françaises entre le XVIIe et le XIXe siècle. Les murs, en moellons de calcaire local soigneusement appareillés, témoignent du savoir-faire des tailleurs de pierre périgordins, et la sobriété générale de l'ornementation confère à l'édifice une austérité pleinement en accord avec la spiritualité militaire et contemplative que la tradition templière lui prête.


