Perchée sur son tertre en Bretagne, cette église du XVe siècle cache sous sa voûte lambrissée un trésor rare : un cycle de peintures médiévales parmi les mieux conservés des Côtes-d'Armor.
Dressée sur une légère éminence dominant la bourgade de Châtelaudren, l'église Notre-Dame du Tertre impose sa silhouette de granite sombre contre le ciel breton avec une discrétion qui n'a d'égale que la richesse de ce qu'elle recèle. Monument classé depuis 1907, elle appartient à cette catégorie précieuse d'édifices ruraux que les siècles ont enrichis couche après couche, chaque génération y ajoutant sa propre marque sans jamais effacer entièrement celles qui précédaient. Ce qui distingue véritablement Notre-Dame du Tertre, c'est l'exceptionnel programme de peintures qui orne sa voûte lambrissée. Exécuté au XVe siècle, cet ensemble iconographique déploie sur le bois une galerie de scènes religieuses d'une fraîcheur de ton et d'une naïveté touchante, typiques de l'art breton tardif. Rares sont les édifices de cette modestie apparente à avoir conservé un tel décor peint intact, faisant de l'église un document vivant sur la piété populaire et les pratiques artistiques de la Bretagne médiévale. L'expérience de visite est celle d'une découverte progressive. L'extérieur, avec son porche latéral du XVe siècle et son clocher élevé en 1560 puis rehaussé en 1740, compose une façade digne mais sans ostentation. C'est en franchissant le seuil que le visiteur est saisi : les peintures de la voûte se révèlent dans leur totalité, baignées par la lumière filtrée à travers le fenestrage gothique du chœur, héritage précieux du tournant des XIIIe-XIVe siècles. Le cadre de Châtelaudren, petite ville du Goëlo en Côtes-d'Armor, renforce le charme de la visite. La chapelle Sainte-Marguerite, adossée au flanc sud en 1703, et la sacristie du milieu du XVIIIe siècle complètent un ensemble cohérent malgré ses multiples campagnes de construction, témoignage vivant de l'attachement durable des fidèles à leur sanctuaire.
L'église Notre-Dame du Tertre est un édifice de plan allongé caractéristique du gothique breton, dont la lecture extérieure révèle immédiatement la complexité historique. Le chevet gothique, le plus ancien élément visible, est percé d'un fenestrage élancé caractéristique de la transition entre XIIIe et XIVe siècles, aux remplages géométriques sobres. Le clocher, élevé en 1560 puis modifié en 1740 dans sa partie haute, se dresse avec une verticalité affirmée, combinant des souvenirs de la tour gothique et des adjonctions d'esprit plus classique. Le porche latéral du XVe siècle, orné de moulures et de niches, constitue l'entrée principale et offre un bel exemple de la sculpture décorative bretonne de la fin du Moyen Âge. L'intérieur est dominé par la voûte lambrissée en bois, caractéristique des églises bretonnes, dont les panneaux peints au XVe siècle constituent le joyau absolu de l'édifice. Cet ensemble iconographique déploie des scènes de la vie du Christ, de la Vierge et des saints, traités dans un style populaire aux coloris vifs, à mi-chemin entre l'enluminure et la peinture monumentale. Le chœur, plus ancien, est éclairé par ses fenêtres gothiques qui créent une lumière douce et recueillie propice à la contemplation. La chapelle Sainte-Marguerite, adossée au sud en 1703, adopte un vocabulaire architectural sobre et fonctionnel de l'époque Louis XIV provincial, contrastant agréablement avec la nef médiévale.
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Bretagne