Joyau néoclassique du XIXe siècle niché au bord du Trieux, l'église Notre-Dame-des-Fontaines de Pontrieux réunit sous sa nef lumineuse un triptyque de Simone Pillet et de somptueuses verrières de Job Guével.
Dressée au bord du Trieux, dans le bourg de Pontrieux en Côtes-d'Armor, l'église Notre-Dame-des-Fontaines est l'une des plus belles expressions du néoclassicisme religieux breton du XIXe siècle. Construite entre 1840 et 1843 sur les plans de l'architecte Bertrand Le Pescheur, elle s'impose par la rigueur sereine de ses lignes, la clarté de son plan et l'harmonie de ses proportions, formant un ensemble remarquablement cohérent que le temps a su enrichir sans jamais altérer. Ce qui distingue Notre-Dame-des-Fontaines de tant d'autres édifices de même époque, c'est la manière dont le XXe siècle y a tissé sa propre mémoire artistique. En 1934, Simone Pillet, peintre bretonne sensible aux traditions locales, crée un triptyque monumental qui habille le chœur d'une lumière chaude et recueillie. Douze ans plus tard, en 1946, le verrier Job Guével signe un ensemble complet de verrières qui inonde la nef de teintes vibrantes, dialoguant avec le décor néoclassique dans une conversation artistique aussi inattendue que convaincante. La visite de l'église réserve encore une autre surprise de taille : en tribune, un orgue signé Jean-Baptiste Claus, facteur d'orgues alsacien de renom, installé en 1878. Ses tuyaux dorés et sa buffet sculpté constituent à eux seuls un monument dans le monument, régulièrement valorisé lors de concerts et de journées du patrimoine. Le cadre ajoute à l'attrait du lieu : Pontrieux, petite cité de caractère lovée dans une méandre du Trieux, offre un environnement de lavoir, de vieilles maisons à encorbellements et de verdure qui invite à prolonger la découverte bien au-delà du seuil de l'église. Pour l'amateur d'art, d'histoire ou simplement de beau, Notre-Dame-des-Fontaines est une étape incontournable du Trégor.
L'église Notre-Dame-des-Fontaines s'inscrit pleinement dans le courant néoclassique qui caractérise la construction religieuse française des années 1830-1850. Conçue par Bertrand Le Pescheur, elle adopte un plan en croix latine à nef unique flanquée de bas-côtés, solution traditionnelle que l'architecte traite avec une sobriété et une régularité typiquement classiques. La façade occidentale, ordonnancée et symétrique, articule pilastres, entablements et frontons dans un vocabulaire gréco-latin appliqué avec rigueur et discernement. Les murs, probablement en granite local — matériau omniprésent dans l'architecture trégorroise — donnent à l'édifice cette solidité discrète si caractéristique du bâti breton. À l'intérieur, la nef s'ouvre sur un espace lumineux dont les arcades en plein cintre reposent sur des colonnes ou des piliers à chapiteaux sobrement moulurés. La cohérence stylistique de l'ensemble, soulignée par le rapport Mérimée, témoigne d'un architecte soucieux de l'unité décorative autant que structurelle. Le chœur, légèrement surélevé, forme le point de convergence visuel de l'édifice, mis en valeur par le triptyque de Simone Pillet dont les tons chauds contrastent élégamment avec la pierre claire. En tribune, l'orgue de Jean-Baptiste Claus (1878), avec sa buffet sculpté et ses jeux de tuyaux, constitue un élément architectural à part entière. Les verrières de Job Guével (1946), réparties sur l'ensemble des fenêtres, parachèvent le dispositif lumineux en filtrant la clarté du Trégor en faisceaux colorés qui animent les volumes intérieurs à toute heure du jour.
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