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Eglise et presbytère

ÉgliseTrésor caché

Nichée au cœur du village angevin de Lasse, cette église aux racines médiévales déploie huit siècles d'architecture religieuse, du roman austère du XIe siècle aux élégances du gothique flamboyant, flanquée d'un presbytère classique du XVIIIe siècle.

Histoire

Au creux du Baugeois, cette terre d'Anjou aux bocages tranquilles que l'on traverse sans toujours s'y arrêter, l'église de Lasse se dresse comme un palimpseste de pierre : chaque siècle y a laissé son empreinte, du premier appareil roman du XIe siècle jusqu'aux reprises de la Renaissance et aux soins discrets des bâtisseurs modernes. Ce n'est pas un monument spectaculaire au sens touristique du terme — aucun donjon, aucune galerie de portraits —, mais précisément pour cette raison qu'il mérite l'attention : il est l'expression authentique, non apprêtée, de la vie religieuse rurale française. L'édifice frappe d'abord par sa sobriété. Les murs de tuffeau, ce calcaire crayeux et blond si caractéristique du Val d'Anjou, absorbent la lumière différemment selon l'heure : dorés au matin, presque blancs à midi, tirant sur le miel au crépuscule. Cette pierre locale, tendre à l'outil mais résistante dans le temps, a permis aux artisans successifs de sculpter, ajouter, corriger — et l'on sent à l'œil exercé les jointures discrètes entre les campagnes de construction. À l'intérieur, la nef principale révèle la longue durée qui a présidé à l'édification : les colonnes les plus anciennes, courtes et trapues, témoignent du premier élan roman ; les voûtes en ogive, plus légères, racontent l'ambition gothique des XIIe et XIIIe siècles ; et quelques détails sculptés au XVIe siècle — un chapiteau feuillagé ici, un encadrement de baie là — signalent le souffle de la Renaissance qui remonta de la Loire jusqu'aux plus modestes paroisses de l'arrière-pays. Le presbytère accolé, construction du XVIIIe siècle au plan régulier et aux ouvertures symétriques, forme avec l'église un ensemble de deux bâtiments inscrits aux Monuments Historiques depuis 1973. Cette co-inscription est rare et significative : elle atteste que la commission n'a pas voulu dissocier la maison du prêtre de la maison de Dieu, reconnaissant l'unité fonctionnelle et esthétique de l'ensemble paroissial. Le visiteur attentif appréciera ce dialogue architectural entre la pierre médiévale nervurée et la sobre façade classique du presbytère, séparés par quelques enjambées mais unis par la même teinte calcaire.

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