
Eglise collégiale Saint-Martin
Veillant depuis le XIIIe siècle sur la confluence de la Vienne et de la Loire, la collégiale Saint-Martin de Candes abrite le lieu où mourut saint Martin de Tours en 397 — un chef-d'œuvre gothique angevin aux voûtes vertigineuses.

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Histoire
Perchée sur un promontoire rocheux dominant le confluent de la Vienne et de la Loire, l'église collégiale Saint-Martin de Candes-Saint-Martin est l'un de ces monuments que l'on ne s'attendait pas à trouver dans un si petit village. Ses proportions ambitieuses, son architecture gothique angevine d'une rare cohérence et son lien intime avec l'une des figures les plus vénérées de la chrétienté occidentale en font un lieu de pèlerinage autant qu'un monument de premier plan. Ce qui rend cet édifice véritablement unique, c'est d'abord sa situation géographique : bâti à l'exacte jonction de deux grands fleuves, il offre depuis son parvis une vue saisissante sur les eaux mêlées de la Vienne et de la Loire, ce val aux lumières douces qui inspira tant de peintres. La silhouette de l'église, flanquée de ses puissants contreforts, semble surgir de la falaise comme une excroissance naturelle du calcaire tourangeau. À l'intérieur, le visiteur est saisi par l'élévation des voûtes en tiers-point et la maîtrise de la lumière filtrée par les baies du chœur. Le plan à trois nefs d'égale hauteur, caractéristique du gothique angevin dit « plan halles », crée une impression de vastitude et d'unité spatiale rare pour une église rurale. Les chapiteaux sculptés, les clés de voûte ornées et les détails de maçonnerie témoignent du soin apporté par des maîtres d'œuvre de grande compétence. La visite, idéalement réalisée en fin d'après-midi lorsque la lumière rasante dorée emplit la nef, s'accompagne d'une promenade sur le parvis et dans les ruelles du village classé parmi les Plus Beaux Villages de France. Amateurs d'histoire médiévale, pèlerins sur la route de Tours, photographes en quête de reflets sur la Loire : tous y trouvent leur bonheur.
Architecture
La collégiale Saint-Martin de Candes-Saint-Martin est un remarquable exemple de l'architecture gothique angevine du XIIIe siècle, caractérisée par un plan de type « église-halle » à trois nefs de hauteur sensiblement égale. Cette disposition, héritée de l'influence des grandes cathédrales angevines comme celle d'Angers, confère à l'intérieur une luminosité et une ampleur inhabituelles pour une collégiale de cette dimension. Les voûtes bombées à nervures multiples, typiques du gothique Plantagenêt, retombent sur de fines colonnes fasciculées à chapiteaux à crochets finement taillés dans le tuffeau local. L'extérieur est dominé par de puissants contreforts qui épaulenet les poussées latérales et donnent à l'édifice sa silhouette robuste et austère, contrastant avec la finesse intérieure. Le portail occidental constitue le morceau de bravoure sculpté de l'ensemble : ses voussures à personnages, ses archivoltes moulurées et ses colonnes à chapiteaux historiés témoignent d'un atelier de taille expérimenté, probablement issu du chantier tourangeau. Le tuffeau blanc de Touraine, matériau de prédilection de la région, est employé tant en parement qu'en remploi, offrant cette teinte dorée caractéristique du bâti ligérien. Le chœur, plus ancien dans sa conception, révèle une élégance particulière dans le traitement des baies en tiers-point et des colonnettes engagées. Des chapelles latérales, ajoutées ou remaniées au cours du XIVe siècle, complètent le dispositif spatial. L'ensemble repose sur un soubassement partiellement creusé dans la roche calcaire de la falaise, intégrant ainsi l'édifice au substrat géologique même du promontoire qui le supporte.


