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Domaine de La Porte (également sur commune de Saint-Cyr-en-Val), Sandillon, Centre-Val de Loire

Domaine de La Porte (également sur commune de Saint-Cyr-en-Val)

ChâteauTrésor caché

Au cœur du Val de Loire, le domaine de La Porte déploie ses intérieurs sculptés du XVIIIe siècle et sa chapelle à voûte céleste dans un parc mêlant jardin à la française et paysager à l'anglaise.

Domaine de La Porte (également sur commune de Saint-Cyr-en-Val), Sandillon, Centre-Val de Loire

© Wikimedia Commons

Histoire

Niché entre Sandillon et Saint-Cyr-en-Val, aux portes d'Orléans, le domaine de La Porte est l'une de ces demeures ligériennes discrètes qui réservent au visiteur averti des surprises d'une rare qualité. Édifié à partir de 1776 à la demande d'un commanditaire aussi cultivé qu'éclairé, il incarne l'idéal d'un homme du Siècle des Lumières : réunir en un même lieu l'art de vivre, la curiosité intellectuelle et le plaisir des jardins. L'intérieur est un véritable cabinet de merveilles décoratifs où se succèdent trois atmosphères distinctes. Le salon latéral d'esprit Louis XV, avec ses dessus-de-porte en camaïeu bleu représentant des scènes galantes, dialogue élégamment avec le salon central de style Empire, plus sobre et monumental. L'ancienne salle à manger, quant à elle, surprend par ses dessus-de-porte en terre cuite et une niche sculptée en haut relief d'une femme versant de l'eau — détail d'une sensibilité toute néoclassique qui ne manque pas de susciter l'admiration. La chapelle achevée en 1785 constitue le joyau spirituel de l'ensemble : sa voûte peinte d'un décor céleste, œuvre du peintre Simonin dit Lyonet, enveloppe le visiteur dans une douce lumière d'azur et d'or. Rarissime exemple de décor religieux intimiste de la fin de l'Ancien Régime en région Centre-Val de Loire, elle témoigne du goût raffiné d'une aristocratie provinciale en plein épanouissement. Le parc, enfin, illustre avec subtilité la transition entre le jardin à la française — ordonné, géométrique, hérité du Grand Siècle — et le jardin à l'anglaise, plus romantique et naturaliste, qui conquit les esprits cultivés dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Cette cohabitation de deux philosophies paysagères fait du domaine un document vivant de l'histoire du goût en France.

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