Trois siècles de noblesse bretonne en un seul domaine : Kerlivio réunit, dans un parc romantique attribué aux frères Bühler, un manoir médiéval, un château classique et une élégante demeure du XIXe siècle.
Niché entre les communes de Brandérion et de Kervignac, dans le Morbihan profond, le domaine de Kerlivio est l'un des rares ensembles seigneuriaux de Bretagne à offrir, en un même lieu, la superposition lisible de six siècles d'architecture et de vie aristocratique. Là où la plupart des domaines n'ont conservé qu'un seul état architectural, Kerlivio dévoile trois visages de la demeure noble française, du manoir médiéval au château romantique, comme autant de strates d'une histoire continue. L'originalité du domaine tient précisément à cette coexistence intime entre les âges. Les fondations du premier manoir du XVe siècle affleurent encore sous la végétation, gardées par un pigeonnier trapu qui fut, en son temps, le symbole ostentatoire du privilège seigneurial. À ses côtés, le manoir des XVIIe et XVIIIe siècles, élevé sur ces ruines, déploie ses volumes sages agrémentés d'une tour hexagonale dite de l'Horloge et d'une orangerie aux volumes lumineux — autant d'appendices caractéristiques de l'art de vivre à la française sous l'Ancien Régime. Le château du XIXe siècle, construit entre 1820 et 1850 pour le comte de Perrien de Crenan, incarne quant à lui l'ambition et le goût de la noblesse de la Restauration, soucieuse d'affirmer sa permanence dans le paysage breton. Sa silhouette ordonnée contraste agréablement avec la tonalité plus rustique des bâtiments anciens qui l'entourent. Le parc paysager qui enveloppe le tout est, en soi, une œuvre d'art. Aménagé vers 1850 et attribué aux célèbres frères Bühler — les paysagistes qui dessinèrent aussi les parcs de Versailles, du Bois de Boulogne ou de nombreuses villes françaises — il offre des allées sinueuses, des massifs soigneusement composés et des essences rares qui font de chaque promenade une découverte botanique autant qu'un voyage dans le temps. Protégé au titre des Monuments Historiques depuis 1992, le domaine de Kerlivio s'adresse aux amateurs de patrimoine architectural et paysager, aux passionnés d'histoire bretonne et à quiconque cherche à comprendre comment une grande famille noble a habité, transformé et transmis un lieu sur plus de cinq siècles.
Le domaine de Kerlivio se distingue par la juxtaposition de trois entités architecturales distinctes autour desquelles s'organise toute la lecture du site. Les vestiges du manoir médiéval du XVe siècle — fondations en granite local et pigeonnier à niches multiples — constituent le point d'ancrage historique de l'ensemble. Le pigeonnier, de plan circulaire comme il est d'usage en Bretagne, possède une silhouette trappe et rustique caractéristique des constructions seigneuriales de la fin du Moyen Âge armoricain. Le manoir des XVIIe-XVIIIe siècles, édifié en deux campagnes successives sur les ruines du premier édifice, adopte le vocabulaire sobre et solide de l'architecture classique bretonne : élévations en granite de taille, toitures à forte pente couvertes d'ardoises du pays, ordonnancement régulier des baies. La tour hexagonale dite de l'Horloge, ajout du XVIIIe siècle, introduit une fantaisie bienvenue dans la composition ; sa forme à six pans, inhabituelle pour une tour d'agrément bretonne, lui confère une élégance toute particulière. L'orangerie, adossée au corps principal, présente de larges baies vitrées encadrées de pilastres, caractéristiques du style Louis XV tardif. Le château du XIXe siècle (1820-1850), commandité par le comte de Perrien de Crenan, adopte les canons du néo-classicisme romantique : façades symétriques, toiture en ardoise à faible pente, grandes fenêtres à petits-bois, corniche soulignée. Le parc à l'anglaise des frères Bühler, avec ses allées sinueuses, ses pelouses dégagées, ses bosquets d'essences variées et ses perspectives soigneusement composées, enveloppe l'ensemble dans un écrin végétal où le temps semble suspendu.
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Bretagne