
Aux portes de Tours, ce manoir du début du XVIIIe siècle arbore une élégance sobre et raffinée, entre cour d'honneur pavée et jardin à la française ouvrant sur un parc boisé intimiste.

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Niché dans la commune de Notre-Dame-d'Oé, aux portes septentrionales de Tours, le domaine de la Chassetière s'impose comme l'un des rares manoirs de l'agglomération tourangelle à conserver l'intégrité de sa composition du XVIIIe siècle. Loin des fastes tapageurs de certains châteaux de la Loire, il déploie une sobriété architecturale qui n'est pas sans charme : proportions équilibrées, symétrie maîtrisée et matériaux locaux qui fondent le bâtiment dans le paysage de la Touraine septentrionale. Ce qui distingue la Chassetière de nombreux édifices contemporains, c'est la cohérence remarquable de son ensemble bâti. Le manoir proprement dit, flanqué de deux pavillons non saillants, dialogue avec ses dépendances pour former un tout architectural harmonieux. La cour d'honneur à l'est, les communs au nord, les servitudes au sud et le jardin à la française à l'ouest composent un dispositif classique mais parfaitement orchestré, où chaque élément répond à une logique fonctionnelle autant qu'esthétique. Le visiteur averti sera sensible à la qualité de la façade orientale, ouvrant sur la cour d'honneur : c'est par là que s'aborde traditionnellement le manoir, selon les codes de la demeure aristocratique française du Grand Siècle finissant. La date 1720, gravée sur l'une des portes, rappelle avec discrétion l'acte fondateur de cette entreprise architecturale. À l'ouest, le jardin à la française offre une transition douce entre l'architecture construite et le parc boisé qui lui succède. Cet espace intermédiaire, typique des compositions paysagères du début du XVIIIe siècle, invite à une promenade où la géométrie des parterres cède progressivement la place à la nature plus libre des sous-bois. Pour le photographe comme pour l'amateur de patrimoine, la lumière de fin d'après-midi, rasante sur la façade principale, révèle toute la finesse des appareillages de pierre tourangelle.
Le domaine de la Chassetière présente une architecture de manoir classique du début du XVIIIe siècle, sobre et élégante, caractéristique de la production architecturale provinciale de qualité sous la Régence. Le corps de logis principal adopte un plan rectangulaire régulier, encadré par deux pavillons non saillants sur les façades : ceux-ci ne rompt pas le plan général mais scandent les élévations d'un rythme discret, évitant la monotonie sans sacrifier l'unité de l'ensemble. La façade est, principale et orientée vers la cour d'honneur, constitue le visage public du manoir. Elle s'inscrit dans la tradition française de la demeure entre cour et jardin, que popularisèrent les architectes du Grand Siècle. Les matériaux employés sont ceux de la construction tourangelle : tuffeau blanc pour les chaînes d'angle, les encadrements de baies et les détails sculptés, enduits à la chaux pour les remplissages, et ardoise de l'Anjou pour les toitures à la pente caractéristique des couvertures ligériennes. Au nord, un bâtiment de servitudes organise la vie domestique — cuisine et communs — dans une disposition rationnelle typique des grandes demeures du siècle. Au sud, le pavillon ajouté au XIXe siècle s'intègre sans heurt grâce à son gabarit mesuré et à son alignement strict avec le manoir d'origine. À l'ouest, le jardin à la française, organisé en parterres géométriques selon les principes alors en vigueur, joue le rôle de transition entre l'architecture construite et le parc boisé. Cet aménagement paysager, caractéristique des compositions du début du XVIIIe siècle à la française, confère au domaine sa profondeur visuelle et sa dimension de demeure à la campagne autant que de résidence de prestige.
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Notre-Dame-d'Oé
Centre-Val de Loire