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Dolmen dit La Pierre-à-la-Marte, Saint-Plantaire, Centre-Val de Loire

Dolmen dit La Pierre-à-la-Marte

MonumentTrésor caché

Vestige mégalithique du Néolithique niché dans le Boischaut, la Pierre-à-la-Marte de Saint-Plantaire impressionne par la robustesse de ses dalles et l'étrangeté envoûtante de son nom évoquant les croyances ancestrales.

Dolmen dit La Pierre-à-la-Marte, Saint-Plantaire, Centre-Val de Loire

© Wikimedia Commons / Wikipedia

Histoire

Au cœur du Boischaut Sud, cette terre de bocages et de vals silencieux qui s'étire entre Berry et Creuse, se dresse un témoin de pierre que les millénaires n'ont pas réussi à effacer : le dolmen dit La Pierre-à-la-Marte. Classé Monument Historique dès 1862 — parmi les premières protections patrimoniales de France après la loi Mérimée —, cet édifice mégalithique appartient à un réseau de monuments funéraires qui jalonnent discrètement l'Indre, département trop souvent oublié des circuits touristiques alors qu'il recèle une profondeur archéologique remarquable. Ce qui distingue immédiatement la Pierre-à-la-Marte des dolmens plus célèbres de Bretagne ou du Midi, c'est précisément son insertion dans un paysage intimiste : pas de lande balayée par le vent, mais un environnement boisé et verdoyant où les chênes et les taillis semblent avoir refermé leurs bras autour du monument. Cette proximité végétale confère au lieu une atmosphère de recueillement presque monastique, propice à la méditation sur la permanence du geste humain face au temps. Le nom même du dolmen mérite qu'on s'y attarde. La « Marte » désigne en vieux français la martre, ce petit mustélidé sylvestre associé dans les traditions populaires du Centre-France aux esprits des bois et aux lieux de passage entre les mondes. Ce toponyme trahit une longue mémoire orale : bien après que la signification funéraire du monument fut oubliée, les habitants de Saint-Plantaire continuaient de percevoir en ce lieu quelque chose d'alternatif à l'ordinaire, quelque chose qui exigeait un nom. La visite s'improvise sans difficulté, le monument étant accessible depuis le bourg de Saint-Plantaire. On conseillera de prendre le temps de tourner autour des orthostates, d'en appréhender les surfaces — grès local tacheté de lichens orangés et gris — et de laisser la main courir sur la table de couverture pour percevoir physiquement ce que cinq mille ans de pluies et de gelées ont poli. La lumière rasante du matin ou de la fin d'après-midi révèle le mieux la texture des blocs et les légers creux que les communautés néolithiques avaient peut-être voulus comme marques rituelles.

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