Au cœur du vieux Quimper, cet ensemble de deux maisons du XVIe siècle incarne l'architecture civile bretonne dans sa splendeur : pans de bois sculptés, encorbellements et façades à l'ancienne dialoguent avec la cathédrale voisine.
Nichées dans le dédale médiéval du centre historique de Quimper, ces deux maisons formant un ensemble constituent l'un des témoignages les plus éloquents de l'architecture civile bretonne de la Renaissance. À une époque où la cité cornouaillaise connaissait un essor économique remarquable grâce au commerce drapier et maritime, des bourgeois aisés se faisaient construire des demeures à la fois fonctionnelles et ostentatoires, dont cet ensemble est l'un des exemples les mieux préservés. Ce qui rend ces maisons véritablement singulières, c'est la cohérence architecturale de leur ensemble : conçues ou remaniées dans un esprit commun au XVIe siècle, elles forment une composition urbaine rare, témoignant d'une planification privée peu commune pour l'époque. Les façades à pans de bois caractéristiques des villes bretonnes, avec leurs colombages finement travaillés et leurs encorbellements successifs qui projettent les étages supérieurs au-dessus de la rue, créent un jeu de volumes et d'ombres particulièrement saisissant. L'expérience de visite commence dès la rue : arrêtez-vous pour observer les détails sculptés des sablières et des poteaux corniers, souvent ornés de motifs végétaux, de têtes grotesques ou de figures populaires typiques de la Renaissance bretonne. Ces décors naïfs et expressifs, taillés dans le bois de chêne local, racontent à leur manière la vie et les croyances de la bourgeoisie quimpéroise du temps de François Ier. Inscrits aux Monuments Historiques depuis 1932, ces bâtiments s'inscrivent dans un tissu urbain exceptionnel : à quelques pas de la cathédrale Saint-Corentin et des ruelles pavées longeant l'Odet, ils participent à faire de Quimper l'une des villes médiévales les mieux préservées de Bretagne. Le quartier environnant, avec ses maisons à encorbellement et ses enseignes anciennes, offre un cadre de promenade incomparable pour qui souhaite s'immerger dans la Bretagne du XVIe siècle.
Ces deux maisons illustrent avec fidélité le vocabulaire de l'architecture civile bretonne du XVIe siècle. Construites selon la technique du pan de bois, leurs façades se distinguent par un réseau de colombages en chêne formant une trame géométrique rythmée par des poteaux verticaux et des étrésillons en croix de Saint-André. Les encorbellements successifs permettent à chaque étage de déborder légèrement sur la rue, maximisant la surface habitable tout en créant une silhouette caractéristique qui plonge la voie dans une douce pénombre. Les éléments sculptés constituent le principal intérêt décoratif de l'ensemble. Les sablières — ces poutres horizontales reliant les poteaux — sont souvent ornées de rinceaux végétaux, de torsades ou de frises géométriques directement inspirées du répertoire Renaissance. Les poteaux corniers, placés aux angles des façades, peuvent arborer des figures en ronde-bosse : personnages grotesques, animaux fantastiques ou saints protecteurs témoignent de l'imaginaire de l'époque. Les encadrements de fenêtres, à meneaux de pierre ou de bois selon les niveaux, ajoutent une touche de verticalité gothique attardée typique de la Bretagne du début du XVIe siècle. La toiture, à forte pente pour répondre aux impératifs climatiques bretons, est couverte d'ardoise, matériau roi en Cornouaille extrait des carrières de la région. Intérieurement, on peut supposer la présence de poutres apparentes, de cheminées à linteau sculpté et de planchers en bois massif, conformément aux usages des maisons bourgeoises de cette période. La disposition en deux corps de bâtiment formant ensemble témoigne d'une réflexion sur l'organisation de l'espace urbain, rare pour des constructions privées de cette époque.
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