Château de Cunaud
Niché dans le Val de Loire, le château de Cunaud déploie son élégance tuffeau au cœur de vignes millénaires, entre romantisme troglodytique et architecture seigneuriale angevine d'une sobriété remarquable.
Histoire
Le château de Cunaud s'élève sur la rive sud de la Loire, dans ce territoire de Gennes-Val-de-Loire où la pierre de tuffeau blanc structure depuis des siècles le paysage bâti de l'Anjou. Monument inscrit aux Monuments Historiques depuis 2018, il incarne avec discrétion l'art de vivre seigneurial d'une région dont l'architecture domestique rivalise souvent, en finesse, avec les grandes résidences royales voisines. Ce qui distingue Cunaud des châteaux plus célèbres de la vallée, c'est précisément son caractère intimiste. Loin des fastes de Brissac ou de la scénographie monumentale de Saumur, le domaine offre une lecture authentique du château de gentilhomme angevin : une architecture équilibrée, adossée à un coteau calcaire creusé de caves et de galeries troglodytiques que les siècles ont transformées en véritables infrastructures de vie et de stockage. La visite du site invite à une immersion dans la douceur angevine : le tuffeau prend, selon les heures, des teintes allant du blanc nacré au doré chaud, et les toitures d'ardoise bleue répondent au miroir de la Loire toute proche. Les abords plantés de vignes rappellent que ce territoire est aussi celui du Saumur-Champigny et du Coteaux-de-l'Aubance, deux appellations dont les caves taillées dans la roche constituent un patrimoine souterrain à part entière. Le château de Cunaud s'adresse autant aux amateurs d'architecture médiévale et Renaissance qu'aux passionnés de patrimoine rural, en quête de ces lieux préservés de la surfréquentation touristique. Photographes et aquarellistes y trouvent une matière lumineuse exceptionnelle, notamment en fin de journée lorsque le soleil couchant embrase la pierre blanche.
Architecture
Le château de Cunaud appartient à la tradition du logis seigneurial angevin, un type architectural caractéristique du Maine-et-Loire où la pierre de tuffeau — calcaire lacustre blanc et tendre, facile à tailler — constitue le matériau dominant des murs et des éléments sculptés. L'ardoise d'Anjou, extraite des carrières de Trélazé toutes proches, couvre les toitures en pentes prononcées, donnant au bâtiment sa silhouette caractéristique, à la fois élancée et ancrée dans le paysage. Le corps de logis principal présente les caractéristiques du passage entre architecture médiévale tardive et Renaissance angevine : ouvertures à meneaux de pierre, lucarnes à frontons triangulaires ou curvilignes émergeant des combles, chaînes d'angle en tuffeau soigneusement appareillé. L'ensemble témoigne d'un souci d'équilibre et de sobriété propre à l'architecture domestique de la noblesse moyenne, loin des surcharges décoratives des grandes résidences royales mais d'une élégance très maîtrisée. Le site tire parti du coteau calcaire pour intégrer des aménagements troglodytiques, caves et galeries creusées dans la roche vive, qui constituent un élément distinctif de l'architecture vernaculaire de la région. Ces espaces souterrains, d'un intérêt patrimonial certain, complètent le dispositif bâti en surface et témoignent de l'ingéniosité des constructeurs locaux qui ont su conjuguer architecture élevée et géologie karstique au service d'un habitat cohérent et fonctionnel.


