Au cœur de Josselin, ce calvaire breton du XVIe siècle dresse son fût de granit sous quatre arcades brisées abritant des sculptures d'une rare délicatesse — un chef-d'œuvre de la statuaire funéraire bretonne.
Niché dans l'ancien cimetière de la chapelle Sainte-Croix à Josselin, ce calvaire en granit constitue l'un des témoignages les plus émouvants de la foi populaire bretonne à la Renaissance. Dressé sur une colonne ronde, il déploie une iconographie savamment composée autour d'un piédestal carré rythmé de quatre arcades brisées, chacune abritant une figure sacrée taillée dans la pierre locale. Ce n'est pas le monument le plus spectaculaire de Bretagne par ses dimensions, mais c'est l'un des plus intimes et des plus touchants par la qualité de son programme sculptural. Ce qui distingue ce calvaire de la multitude de croix funéraires bretonnes, c'est précisément la sophistication de son programme iconographique. Sous les quatre arcades se succèdent le Christ en croix, saint Laurent, saint Jean-Baptiste et sainte Anne couronnée — quatre figures qui tissent un dialogue entre la Passion, le martyre et la généalogie sacrée. Au pied de l'ensemble, la Vierge à l'Enfant vient couronner cette méditation sculptée sur la vie, la mort et la rédemption. Cette disposition en carré, unique en son genre dans la région, transforme le monument en une sorte de chapelle à ciel ouvert. Visiter ce cimetière, c'est s'accorder un moment de contemplation hors du temps dans une ville pourtant riche en monuments spectaculaires. Josselin est connue pour son château médiéval qui domine l'Oust, mais c'est parfois dans ces lieux discrets que la mémoire collective s'est le mieux cristallisée. Le granit breton prend ici une teinte sombre et veloutée, patinée par des siècles d'intempéries atlantiques, qui donne aux sculptures une profondeur presque palpable. Le cadre du vieux cimetière, avec ses dalles usées et ses végétaux envahissants, renforce le caractère mélancolique et sacré de l'ensemble. Les amateurs de sculpture médiévale et Renaissance y trouveront une œuvre authentique, préservée de toute restauration excessive, dans un état qui témoigne honnêtement de ses cinq siècles d'existence. Photographes et aquarellistes apprécieront tout particulièrement les jeux d'ombre et de lumière que les arcades brisées dessinent sur le granit aux heures matinales.
Le calvaire de la chapelle Sainte-Croix repose sur une colonne ronde en granit qui s'élève au-dessus d'un piédestal de plan carré. Ce dispositif, caractéristique des calvaires bretons de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, allie la verticalité symbolique de la croix à la stabilité d'un socle architectural soigneusement traité. Les quatre faces du piédestal sont chacune creusées d'une arcade brisée — emprunt direct au vocabulaire gothique tardif — qui forment autant de niches abritant les figures sculptées. Ce traitement en quatre arcades brisées distinctes est relativement rare pour un calvaire de cette taille et confère à l'ensemble une allure de petit édicule architectural, presque un baldaquin de pierre à ciel ouvert. Le programme sculptural est d'une cohérence iconographique remarquable. Le Christ en croix occupe vraisemblablement la face principale, orientée vers le cheminement des fidèles et des défunts. Saint Laurent, reconnaissable à ses attributs, évoque le martyre ; saint Jean-Baptiste, précurseur du Christ, rappelle le baptême et la purification ; sainte Anne couronnée, mère de la Vierge, ancre le monument dans la dévotion bretonne particulièrement intense à cette sainte tutélaire de la Bretagne. Au pied de la colonne, la Vierge à l'Enfant complète le cycle théologique en associant tendresse et intercession. La taille des figures, adaptée à leur inscription dans les niches, témoigne d'une maîtrise certaine du rapport entre architecture et sculpture. Le matériau utilisé est le granit breton, pierre dure et austère qui impose au sculpteur une économie de moyens et une robustesse des formes. Les drapés, les visages et les attributs des saints ont été traités avec un souci du détail qui s'accommode des contraintes du matériau. Le granit, naturellement résistant aux intempéries, explique en grande partie la remarquable conservation du monument après cinq siècles d'exposition aux éléments atlantiques.
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