Chaufferie centrale de la Z.U.P., situé à Mons-en-Baroeul (Nord), est un édifice moderne construit aux XIXe-XXe siècles. Le monument est actuellement fermé au public.
Pyramide de brique habitée par douze lions gardiens du feu, cette chaufferie brutaliste de 1968 est l'œuvre secrète la plus audacieuse de la ZUP de Mons-en-Barœul — patrimoine industriel classé, sculpturalement inattendu.
Au cœur de la ZUP de Mons-en-Barœul, entre les barres d'immeubles et les voiries rectilignes du grand urbanisme des Trente Glorieuses, se dresse un édifice que l'on ne s'attend pas à rencontrer dans un quartier de logements sociaux : une pyramide de brique rouge, soulevée sur douze piliers en forme de lions, qui domine fièrement le tissu urbain comme un totem industriel. La chaufferie centrale de la ZUP est bien plus qu'un simple équipement technique — c'est une déclaration architecturale. Conçue par l'architecte Henri Chomette dans le sillage du grand projet de zone à urbaniser en priorité lancé en 1959, cette centrale thermique alimentait en eau chaude et en chauffage plus de cinq mille logements, faisant d'elle l'un des cœurs battants invisibles du quotidien de milliers de familles nordistes. Sa silhouette pyramidale, pensée pour éliminer tout volume inutile, s'impose comme une réponse plastique rigoureuse à une contrainte fonctionnelle. Ce qui frappe d'emblée le visiteur, c'est la tension entre le prosaïque et le monumental. Les douze piles en brique rouge qui soutiennent la charpente métallique ont été sculptées en formes de lions — baptisés les « gardiens du feu » — conférant à cet équipement utilitaire une dimension presque mythologique. Ces figures animales assurent la transition entre le sol et la structure, tout en laissant la partie basse ouverte à la lumière et à la circulation. Inscrite aux Monuments Historiques en 2001, la chaufferie constitue un témoignage de premier plan sur l'ambition esthétique qui habitait certains architectes de la reconstruction, refusant de dissocier technique et beauté. Elle représente également un chapitre essentiel de l'histoire du chauffage urbain en France, une innovation sociale majeure des années 1960-1970. Pour le photographe comme pour le passionné d'architecture contemporaine, la chaufferie offre des perspectives stupéfiantes : la rigueur géométrique de la pyramide en dialogue avec les détails artisanaux des lions de brique compose un tableau rare, à la frontière du brutalisme et de l'expressionnisme architectural.
L'élément le plus saisissant de la chaufferie est sa forme pyramidale, choix délibéré de l'architecte Henri Chomette pour éliminer tout volume mort inutile dans un bâtiment dont la fonction dictait des contraintes spatiales très précises. La pyramide s'élève sur une ossature de charpente métallique, matériau emblématique de l'architecture industrielle du XXe siècle, dont les charges sont reportées sur douze piles en brique disposées en périphérie. Ces douze piles constituent l'élément le plus extraordinaire de l'édifice : sculptées en formes de lions accroupis ou dressés — les fameux « gardiens du feu » — elles transforment un simple système structurel en un programme iconographique d'une rare ambition pour un bâtiment d'infrastructure. Réalisées en brique rouge, matériau traditionnel de la construction nordiste, ces figures animales assurent une double fonction : structurelle, en transmettant les charges de la charpente métallique aux fondations, et spatiale, en ménageant un vide sous la pyramide qui permet la circulation, l'accès à l'intérieur et l'éclairage naturel de la partie basse du bâtiment. L'architecture de la chaufferie témoigne de la volonté de Chomette de réconcilier industrie et artisanat, modernité et tradition régionale. L'usage de la brique renvoie au vocabulaire architectural du Nord minier et textile, tandis que la forme pyramidale et la charpente métallique affirment une modernité assumée. Le résultat est un objet architectural hybride, à mi-chemin entre le brutalisme fonctionnel et un expressionnisme plastique discret, qui détonne positivement dans le paysage uniforme de la ZUP.
Chaufferie centrale de la Z.U.P. est situé à Mons-en-Baroeul, dans le département Nord, en Hauts-de-France, en France.
Chaufferie centrale de la Z.U.P. date d'une période construite à l'époque moderne (XIXe-XXe siècle).
Chaufferie centrale de la Z.U.P. est actuellement fermé au public.