Château Desandrouin et son parc incluant le temple dit de l’Amour, situé à Fresnes-sur-Escaut (Nord), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Né de la houille et du verre, le château Desandrouin cache dans son parc un élégant temple de l'Amour attribué à l'architecte de l'Arc de Triomphe. Un joyau du bassin minier du Nord.
Au cœur de Fresnes-sur-Escaut, dans ce territoire du Nord-Pas-de-Calais façonné par les révolutions industrielles successives, le château Desandrouin incarne une histoire singulière où la fortune du verre et du charbon s'est muée en art de vivre à la française. Loin des grandes résidences de la noblesse d'épée, ce domaine est celui d'une bourgeoisie entrepreneuriale audacieuse, capable de transformer l'extraction houillère en jardins romantiques et en folies architecturales. Ce qui distingue véritablement ce château de ses homologues régionaux, c'est la superposition de ses identités : édifié vers 1770 dans l'élan des Lumières, partiellement démoli puis reconstruit en 1834, il arbore une façade en ciment moulé d'une rareté insigne pour l'époque. Cette prouesse technique précoce, à une date où le matériau industriel pénètre timidement l'architecture résidentielle de prestige, en fait un témoignage irremplaçable de la rencontre entre l'innovation industrielle et l'esthétique bourgeoise du XIXe siècle. Le parc constitue sans doute la pièce maîtresse de la visite. Redessiné à l'anglaise par la famille Renard qui sut tirer parti des eaux de l'Escaut toutes proches, il offre une déambulation ponctuée de perspectives savamment composées. Son trésor absolu : le temple dit de l'Amour, petite rotonde néoclassique dont la grâce légère évoque irrésistiblement les fabriques des grands parcs du XVIIIe siècle. Sa paternité supposée — Jean-François Chalgrin, le futur concepteur de l'Arc de Triomphe de l'Étoile — confère à cette folie champêtre une aura architecturale considérable. Le visiteur d'aujourd'hui trouvera dans ce parc devenu jardin public un espace de promenade authentique, où les grandes pelouses anglaises côtoient les vestiges d'un potager ceint de murs, avec son orangerie et son pigeonnier encore debout. L'ensemble raconte, dans un silence éloquent, deux siècles d'histoire industrielle, familiale et sociale du bassin minier du Nord.
Le château Desandrouin tel qu'on le voit aujourd'hui est le fruit d'une reconstruction partielle réalisée en 1834, qui intègre deux pavillons du bâtiment originel du XVIIIe siècle. Sa façade en ciment moulé constitue sa particularité technique la plus remarquable : à cette date, l'usage de ce matériau dans une architecture résidentielle bourgeoise de qualité était exceptionnel en France, faisant du château un précurseur méconnu de l'architecture du génie civil appliquée au bâti patrimonial. Le volume général, sobre et équilibré, s'inscrit dans le courant néoclassique provincial caractéristique du premier XIXe siècle, avec ses pavillons encadrant un corps central légèrement en retrait. Le parc constitue la dimension architecturale la plus précieuse du domaine. Redessiné à l'anglaise au cours du XIXe siècle, il articule masses boisées, dégagements sur pelouses et points d'eau alimentés depuis l'Escaut. Son élément le plus remarquable est le temple de l'Amour, rotonde néoclassique à colonnes dont la légèreté formelle et la maîtrise proportionnelle évoquent les réalisations des grands architectes parisiens de la fin du XVIIIe siècle — ce qui rend plausible l'attribution à Jean-François Chalgrin, dont le vocabulaire architectural est précisément caractérisé par cette élégance apollinienne. Le secteur du potager, édifié en 1810, complète l'ensemble avec son orangerie, sa maison de jardinier et son pigeonnier, formant un ensemble de dépendances agricoles et horticoles cohérent, représentatif des grandes propriétés bourgeoises du début du XIXe siècle dans le nord industriel.
Château Desandrouin et son parc incluant le temple dit de l’Amour est situé à Fresnes-sur-Escaut, dans le département Nord, en Hauts-de-France, en France.
Château Desandrouin et son parc incluant le temple dit de l’Amour date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Château Desandrouin et son parc incluant le temple dit de l’Amour est actuellement fermé au public.