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Château de la Morinière

Château de la Morinière

🏰Château

Niché au cœur de la Sologne, ce château Renaissance du XVIe siècle, bâti par un maître d'œuvre de Chambord, déploie briques rosées, fenêtres à meneaux et un élégant colombier à échelle tournante pour 1 600 pigeons.

Château de la Morinière

© Wikimedia Commons / Wikipedia

Histoire

Au bord des étangs silencieux de la Sologne, le château de la Morinière se révèle comme l'un de ces joyaux discrets que la Loire-et-Cher dissimule volontiers dans l'épaisseur de ses forêts de chênes. Érigé dans le deuxième quart du XVIe siècle sur les fondations d'un édifice féodal plus ancien, il incarne avec une sobriété élégante la transition entre le gothique finissant et la Renaissance triomphante, dans un territoire qui servit de laboratoire architectural aux plus grands chantiers de la monarchie française. Ce qui distingue la Morinière de ses voisins solognots, c'est d'abord la cohérence de son ensemble : une avant-cour ordonnancée, des communs en brique et pierre aux proportions équilibrées, puis l'enceinte rectangulaire ceinte de douves encore en eau qui isole le château du monde extérieur comme un monde dans le monde. Le corps de logis principal, en brique rosée rehaussée de chaînages en pierre blanche de tuffeau, offre ses fenêtres à meneaux aux chapiteaux finement sculptés à la Renaissance, tandis qu'une lanterne carrée surmontée d'une pyramide et d'un campanile portant un dauphin en girouette ajoute une touche d'originalité rare dans la région. La visite du domaine est une promenade dans le temps autant que dans l'espace. On passe successivement des dépendances agricoles à l'enceinte fortifiée, on longe les douves, on découvre la chapelle nichée dans son pavillon d'angle, et l'on s'arrête, invariablement, devant le colombier extérieur : cylindre de briques percé de 1 600 cases accessibles par une remarquable échelle tournante intérieure, témoin d'une organisation seigneuriale méticuleuse et d'un statut social élevé. Le cadre naturel amplifie l'émotion du lieu. Les douves reflètent les façades rougeâtres à l'automne, quand les feuillages alentour virent à l'or et au roux. Photographes et amateurs de patrimoine y trouvent une lumière et une atmosphère que les châteaux plus célèbres de la Loire, submergés par les foules, ne peuvent plus guère offrir. La Morinière, inscrite aux Monuments Historiques depuis 1971, appartient à cette catégorie précieuse des demeures qui se méritent.

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