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Château, Civray-de-Touraine, Centre-Val de Loire

Château

Château

Élevé en 1715 pour un grand tourangeau, le château de Civray-de-Touraine révèle l'élégance classique de la Régence, avec ses plans attribués à Germain Boffrand et son parc paysager en terrasses dominant la vallée.

Château, Civray-de-Touraine, Centre-Val de Loire

© Wikimedia Commons

Histoire

Niché à l'est du bourg de Civray-de-Touraine, aux confins du val de Cher, le château de Civray s'impose comme l'un des témoins les plus raffinés de l'architecture de la Régence en Touraine. Élevé au tournant du XVIIIe siècle sur les bases d'un édifice plus ancien, il incarne la synthèse entre rigueur classique et grâce nouvelle qui caractérise la transition entre le Grand Siècle et les Lumières. Sa façade ordonnancée, ses proportions mesurées et son inscription dans un domaine de quatre hectares clos de murs en font un exemple particulièrement accompli du château de plaisance à la française. Ce qui distingue Civray de bien d'autres demeures tourangelles, c'est sa genèse architecturale : les plans seraient issus du carnet de Germain Boffrand, l'un des architectes les plus inventifs de son temps, conçus à l'origine pour le premier projet du château de Montgeoffroy, en Anjou voisin. Civray porterait donc en creux l'empreinte d'un grand maître, dans une version singulière et raisonnée, adaptée aux ambitions d'un notable tourangeau. La composition du domaine offre une promenade d'une rare cohérence. Depuis l'entrée nord, un jardin régulier aux parterres géométriques prépare l'approche du corps de logis, avant que le regard ne bascule vers le sud sur deux terrasses successives dominant un parc paysager d'esprit romantique, arrêté en contrebas par le talus de la voie ferrée. Cette progression du formel à l'informel, du minéral au végétal, condense deux siècles de goût pour les jardins. Dans le parc, une crypte abrite discrètement le caveau familial, ajoutant une note mélancolique à la promenade. L'angle nord-est du domaine réserve une surprise : la cour des communs, datée de 1635, antérieure au château actuel, rappelle qu'une vie seigneuriale s'organisait ici bien avant la grande campagne de construction du XVIIIe siècle. Ces bâtiments de service, sobres et fonctionnels, forment un contrepoint éloquent à l'élégance du logis principal.

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