Nichée au cœur de Pontivy, la chapelle Sainte-Tréphine dissimule sous sa sobre façade bretonne un trésor rarissime : une voûte en lambris entièrement peinte en 1701, déployant en huit médaillons la vie tourmentée d'une sainte martyre.
Au détour des ruelles de Pontivy, en plein cœur du Morbihan, la chapelle Sainte-Tréphine se présente avec la retenue caractéristique des édifices religieux bretons : un volume rectangulaire austère, presque modeste, qui ne laisse rien deviner du chef-d'œuvre qu'il abrite. C'est précisément ce contraste entre l'extérieur dépouillé et la richesse intérieure qui rend ce monument si singulier parmi les chapelles rurales et urbaines de la région. Passé le seuil, le visiteur est saisi par la magnificence d'une voûte en lambris peinte couvrant une surface de près de 95 mètres carrés — 11,50 mètres de long sur 8,25 mètres de large. Exécutée en 1701, cette œuvre picturale constitue l'un des ensembles de peintures sur bois les mieux conservés de Bretagne. Huit médaillons narratifs y déroulent la vie de sainte Tréphine avec une expressivité baroque saisissante, enchâssés dans un décor foisonnant de stèles illusionnistes, d'angelots joufflus, de feuilles d'acanthe stylisées, de chutes de fruits et de faux marbres habilement rendus. La qualité d'exécution de cet ensemble trahit la main d'un artiste accompli, parfaitement au fait des codes décoratifs de la seconde moitié du XVIIe siècle. Les entraits — seules pièces de la charpente laissées apparentes — participent eux aussi à la mise en scène : peints à la tempera sur leur face inférieure et leurs chanfreins, ils tissent une continuité visuelle entre structure et décor. Le dernier entrait porte gravée en son centre la date de 1623, précieux témoignage de l'ancienneté de la charpente, antérieure d'une soixantaine d'années au programme pictural. Visiter la chapelle Sainte-Tréphine, c'est embrasser d'un seul regard plusieurs couches du temps : le bois assemblé au début du XVIIe siècle, la peinture baroque du tournant du XVIIIe siècle, et la mémoire d'une sainte dont la légende imprègne encore profondément la culture populaire bretonne. Un arrêt incontournable pour quiconque s'intéresse à l'art religieux breton sous toutes ses formes, loin des cathédrales célèbres mais au plus près de la dévotion populaire.
La chapelle Sainte-Tréphine adopte un plan rectangulaire simple, caractéristique des chapelles rurales bretonnes du XVIIe siècle, sans transept ni déambulatoire. L'élévation extérieure, sobre et dépourvue d'ornements sculptés ostentatoires, s'intègre harmonieusement dans le tissu urbain de Pontivy sans chercher à s'imposer par sa masse. Les maçonneries, vraisemblablement en granite local — pierre dominante du bâti morbihannais —, témoignent d'une construction solide et économe, conforme aux pratiques constructives régionales. La toiture à deux pans, couverte d'ardoises comme le veut la tradition bretonne, parachève cette impression de rigueur extérieure. L'intérieur révèle en revanche une ambition décorative tout autre. La voûte en lambris, véritable raison d'être du monument aux yeux de l'histoire de l'art, couvre l'ensemble de la nef sur 11,50 mètres de longueur et 8,25 mètres de largeur, soit une surface peinte de près de 95 mètres carrés. Exécutée en 1701, cette voûte charpentée se singularise par son programme iconographique en huit médaillons consacrés à la vie de sainte Tréphine, insérés dans un décor foisonnant à la rhétorique baroque assumée : pilastres et stèles en trompe-l'œil, angelots, feuilles d'acanthe, guirlandes de fruits et imitations de marbres polychromes. Les entraits de la charpente, seuls éléments structurels laissés apparents, sont peints à la tempera sur leur face inférieure et leurs chanfreins, créant une continuité visuelle entre structure portante et décor. Le dernier entrait arbore au centre un élément sculpté daté de 1623, attestant l'antériorité de la charpente sur le programme pictural. Cette superposition de temporalités architecturales — charpente du premier XVIIe siècle, lambris peint du tournant du XVIIIe siècle — confère à l'édifice une profondeur historique et artistique rare.
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