Joyau gothique flamboyant du Finistère, la chapelle Notre-Dame de Populo déploie ses fenêtres à remplages flamboyants et son élégant clocher couronné d'un dôme à lanternon au cœur de la campagne cornouaillaise.
Au détour d'un chemin creux de la campagne de Landudal, en Cornouaille, la chapelle Notre-Dame de Populo surgit avec la majesté tranquille propre aux édifices qui ont traversé les siècles sans jamais perdre leur âme. Construite au deuxième quart du XVIe siècle, elle appartient à cette grande tradition des chapelles rurales bretonnes qui, loin d'être de simples oratoires, constituaient de véritables centres de vie communautaire et spirituelle pour les paroisses dispersées du Finistère. Ce qui distingue immédiatement Notre-Dame de Populo de ses consœurs, c'est la qualité et l'ampleur de ses baies flamboyantes. Les fenêtres des bras du transept et du chevet, aux remplages élaborés de soufflets et de mouchettes, inondent l'intérieur d'une lumière dorée qui danse sur les pierres de granit local. Ce traitement luministe, rarement aussi abouti dans une chapelle de campagne, témoigne des ambitions esthétiques de ses commanditaires et du savoir-faire des tailleurs de pierre bretons du XVIe siècle. Le plan en croix latine confère à l'édifice une rigueur architecturale digne des plus belles chapelles de Cornouaille. Le chevet à trois pans, fermé par trois pignons sobrement ouvragés, crée une silhouette extérieure d'une belle cohérence. L'ensemble est couronné par le clocher, remanié au XVIIIe siècle, dont le dôme à lanternon introduit une touche de légèreté baroque qui contraste harmonieusement avec la rigueur gothique du corps de la chapelle. Visiter Notre-Dame de Populo, c'est aussi faire l'expérience d'un lieu de dévotion populaire enraciné. Le vocable de Populo — qui évoque la Vierge du peuple, titre marial né à Rome au XVIe siècle et diffusé dans toute l'Europe catholique — dit quelque chose de l'attachement des fidèles cornouaillais à cette chapelle. Les pardon qui s'y tiennent, fidèles à une tradition séculaire, y rassemblent encore les habitants des environs dans une atmosphère d'une authenticité rare.
La chapelle Notre-Dame de Populo présente un plan en croix latine sans bas-côtés, formule répandue dans les chapelles bretonnes de la première moitié du XVIe siècle qui permet d'obtenir un espace liturgique hiérarchisé sans recourir à la complexité technique de la construction à plusieurs nefs. Le chevet à trois pans, fermé par autant de pignons, constitue l'une des caractéristiques les plus remarquables de la chapelle : cette solution polygonale, intermédiaire entre l'abside en hémicycle et la clôture droite, est fréquente en Bretagne et confère une tension plastique particulière à l'extrémité orientale de l'édifice. Les fenêtres constituent l'élément le plus spectaculaire de l'architecture. Les baies flamboyantes des bras du transept et du chevet sont d'une ampleur inhabituelle pour une chapelle rurale : leurs remplages élaborés, avec leurs soufflets, mouchettes et trèfles imbriqués selon la grammaire gothique tardive, laissent passer une lumière abondante qui transforme l'intérieur en un espace d'une grande qualité lumineuse. Ces ouvertures témoignent d'un atelier de tailleurs de pierre maîtrisant parfaitement les techniques du gothique flamboyant breton. Le clocher, profondément remanié au XVIIIe siècle, introduit un dialogue temporel fascinant avec le corps gothique de la chapelle. Son dôme à lanternon, inspiré du vocabulaire classique et baroque diffusé par les manuels d'architecture et les réalisations des grandes villes, rompt avec la verticalité des flèches gothiques pour adopter une forme plus douce et plus lumineuse. L'ensemble est vraisemblablement construit en granit local, matériau omniprésent dans le paysage architectural du Finistère, qui donne à la chapelle sa teinte grise caractéristique tout en lui assurant une exceptionnelle durabilité face aux rigueurs du climat breton.
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