Nichée dans le cœur breton de Plélauff, cette chapelle en granit du XVIe siècle fascine par son jubé peint exceptionnel et son portail ogival couronné d'une croix en accolade flanquée de têtes d'anges.
Au cœur des Côtes-d'Armor, dans le paisible bourg de Plélauff, la chapelle Notre-Dame de la Croix se dresse comme un témoignage discret mais émouvant de la dévotion populaire bretonne. Construite en granit gris, ce sanctuaire concentre en un espace modeste une densité patrimoniale remarquable : un portail ogival finement sculpté, un clocher à flèche accessible par des escaliers extérieurs de pierre, et surtout un jubé en bois peint dont la présence imprime une atmosphère unique à l'édifice. Ce qui rend la chapelle véritablement singulière, c'est la survivance de ce jubé — meuble liturgique devenu rarissime en Bretagne depuis les grandes campagnes de suppression post-tridentin. Ses deux faces ornées de peintures évoquent un art populaire intense, mêlant couleurs chaudes et iconographie dévote caractéristique du XVIe siècle breton. Les quatre colonnes de bois cannelées aux chapiteaux composites qui le soutenaient témoignent d'une ambition décorative surprenante pour une chapelle de campagne. La visite offre une expérience contemplative rare : on pénètre dans la nef par un portail couronné d'un arc en accolade — motif gothique flamboyant typique des ateliers bretons — pour se retrouver face à cet écran de bois peint qui partageait autrefois l'espace sacré entre clergé et fidèles. La lumière tamisée filtrant par les fenêtres en granit confère à l'ensemble une atmosphère recueillie, hors du temps. L'abside demi-circulaire, ajoutée au XVIIIe siècle, prolonge harmonieusement la nef d'origine, révélant comment les communautés rurales bretones savaient adapter leurs lieux de culte à l'évolution de la liturgie sans renier l'héritage bâti. Le cadre environnant, entre bocage armoricain et chemins creux, renforce le sentiment de découverte confidentielle propre aux chapelles de campagne. Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1925, Notre-Dame de la Croix incarne parfaitement ce patrimoine de proximité qui fait la richesse singulière de la Bretagne intérieure : humble en apparence, précieux dans les détails, irremplaçable dans sa sincérité.
La chapelle Notre-Dame de la Croix est intégralement construite en granit, matériau de prédilection des bâtisseurs armoricains pour sa robustesse et son abondance locale. L'édifice adopte un plan allongé résultant de deux campagnes de construction distinctes : une nef rectangulaire d'origine XVIe siècle, prolongée au XVIIIe siècle par une abside semi-circulaire. La façade occidentale, sobre et trapue, est surmontée d'un clocher à flèche élancée — type architectural répandu en Bretagne intérieure — auquel donnent accès deux escaliers de pierre extérieurs, solution pratique et esthétique caractéristique du goût local. Le portail, pièce maîtresse de la façade, synthétise à lui seul l'art des tailleurs de pierre bretons du XVIe siècle : sa voûte ogivale hérite du gothique flamboyant, tandis que l'arc en accolade qui la surmonte, terminé par une croix en relief flanquée de deux têtes d'anges, révèle le raffinement décoratif de l'atelier ayant œuvré sur l'édifice. Cet assemblage entre héritage médiéval et motifs Renaissance est typique de la production architecturale bretonne de la période. À l'intérieur, le jubé en bois constitue l'élément le plus remarquable. Occupant toute la largeur de la nef, il divisait autrefois l'espace entre chœur réservé au clergé et nef des fidèles. Ses deux faces portent des peintures dont le programme iconographique, mêlant scènes dévotionnelles et motifs ornementaux, est représentatif de l'art décoratif religieux populaire breton. Quatre colonnes cannelées en bois aux chapiteaux composites — empruntant au vocabulaire classique — soutenaient la structure, témoignant d'une influence de la Renaissance qui atteignait même les commanditaires ruraux les plus modestes.
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