Accrochée à flanc de colline en Bretagne, cette chapelle du XVIe siècle révèle une source sacrée nichée sous son chevet et une façade à l'élégant souffle Renaissance, joyau discret du pays auriganais.
Au cœur du Bono, bourg breton lové dans un méandre de la rivière Auray, la chapelle Notre-Dame-de-Becquerel s'impose comme l'un de ces monuments que l'on découvre presque par surprise, suspendue entre ciel et terre à flanc de coteau. Son inscription aux Monuments Historiques depuis 1925 témoigne d'une valeur patrimoniale reconnue, encore trop peu connue du grand public, qui mérite amplement le détour. Ce qui distingue immédiatement Notre-Dame-de-Becquerel des innombrables chapelles bretonnes, c'est la singularité de son dispositif topographique et liturgique. Bâtie sur une déclivité naturelle, elle offre au visiteur une expérience architecturale déroutante : on pénètre dans la nef de plain-pied, mais le chœur se retrouve soudainement en surplomb de deux à trois mètres, comme dressé vers le ciel sur son socle de roche. Sous le pignon du chevet, une petite niche abrite une source qui alimente une piscine, vestige précieux de ces lieux de culte aux vertus guérisseuses qui jalonnent la Bretagne profonde. L'intérieur réserve lui aussi son lot de surprises. Une voûte en bois couvre la nef, tandis que deux arcades ogivales, d'un gothique sobre et nerveux, prolongent les murs pour franchir les transepts. Le contraste entre ce gothique structurant et les accents Renaissance de la façade latérale nord et de la façade principale crée une tension stylistique rare, typique des édifices bretons élevés en pleine transition entre Moyen Âge et modernité. À l'extérieur, le visiteur est accueilli par un parvis en contrebas d'un mur d'enceinte demi-circulaire, depuis lequel un escalier monte vers un calvaire. Cet ensemble forme un espace de dévotion complet, où chaque élément — la source, la piscine, le calvaire, la chapelle — s'articule pour composer un lieu de pèlerinage à la fois intime et structuré. La lumière dorée de fin d'après-midi, qui découpe les reliefs de la façade Renaissance, en fait également un sujet de choix pour les amateurs de photographie.
La chapelle Notre-Dame-de-Becquerel présente un plan en croix latine modeste, adapté à la topographie contraignante du coteau sur lequel elle s'appuie. La nef, de plain-pied à l'entrée, laisse place à un chœur en surplomb, surélevé de deux à trois mètres au-dessus du sol naturel — une disposition qui trahit la complexité du terrain et donne à l'intérieur une dynamique spatiale inhabituelle. Deux arcades ogivales, d'un gothique tardif dépouillé, relient la nef aux bras du transept, créant une articulation structurelle à la fois fonctionnelle et élégante. La voûte en bois qui couvre la nef, probablement lambrissée, est caractéristique des chapelles rurales bretonnes qui ne disposaient pas des ressources nécessaires à une voûte en pierre. À l'extérieur, la façade principale et la façade latérale nord affichent une « tendance Renaissance » remarquable : pilastres, moulures à profil classique, encadrements de baies soignés contrastent avec la sobriété gothique de l'ensemble. Le clocher, reconstruit en 1842, couronne l'édifice d'une silhouette néo-bretonne sobre. Sous le pignon du chevet carré, une niche en pierre abrite la source, aménagée en piscine, qui fait de ce mur extérieur un véritable dispositif de dévotion à ciel ouvert. Le parvis, bordé d'un mur d'enceinte demi-circulaire et desservi par un escalier montant au calvaire moderne, compose un ensemble de pierres et de végétation caractéristique du genius loci breton.
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