Nichée dans le Finistère, cette chapelle du XVIe siècle conjugue dentelle de bois à claire-voie et fontaine gothique de 1550, joyau discret de la dévotion mariale bretonne.
Au cœur de la commune de Daoulas, dans le Finistère profond, la chapelle et fontaine Notre-Dame des Fontaines constitue l'un de ces sanctuaires ruraux qui concentrent, en peu d'espace, toute la ferveur et le savoir-faire de l'art religieux breton de la Renaissance. Modeste en dimensions, elle n'en est pas moins remarquable par la qualité de ses décors et la cohérence de son ensemble architectural, où édifice cultuel et fontaine sacrée forment un tout indissociable. Ce qui distingue immédiatement le monument, c'est sa façade en bois à claire-voie ornée de balustres, singularité rare dans le paysage chapellaire breton où la pierre domine presque souverainement. Cette paroi ajourée laisse filtrer la lumière d'une manière presque immatérielle, créant une atmosphère de recueillement lumineux qui tranche avec la sévérité des granits environnants. À l'intérieur, des frises sculptées rythment l'espace et témoignent du soin apporté par les artisans locaux à l'ornementation sacrée. La fontaine, contemporaine de la chapelle, en est l'écrin extérieur. Édifiée en 1550 selon l'inscription qu'elle porte, elle présente une niche couronnée de quatre pinacles gothiques et une piscine destinée aux ablutions rituelles. Ces fontaines à vocation curative et spirituelle sont une tradition profondément ancrée dans la culture religieuse bretonne, et celle de Daoulas en offre un exemple particulièrement bien conservé. La visite de ce lieu invite à une déambulation lente et attentive, entre les détails sculptés de la chapelle et la sérénité minérale de la fontaine. Le visiteur attentif notera les interventions de restauration de 1847 et 1885, inscrites dans la pierre, qui rappellent l'attachement des générations successives à ce patrimoine de proximité. Un lieu pour les amateurs d'art sacré, d'architecture vernaculaire et de pèlerinage culturel en Bretagne.
L'ensemble architectural se compose de deux éléments distincts mais complémentaires : la chapelle proprement dite et la fontaine qui lui est adjacente. La chapelle présente une configuration simple, typique des oratoires ruraux bretons du XVIe siècle, avec une abside en maçonnerie de pierre et des côtés vitrés qui diffusent une lumière douce à l'intérieur du sanctuaire. L'élément le plus original demeure la façade en bois à claire-voie, ornée de balustres tournés, véritable curiosité dans un contexte où le granit breton impose sa loi à presque tous les édifices religieux de la région. Cette façade légère et ajourée évoque les jubés et les lambris d'influence Renaissance qui se répandent en Bretagne au cours du XVIe siècle. À l'intérieur, le décor de frises sculptées anime les parois et confère à l'espace une richesse ornementale inattendue pour un édifice de cette taille. Ces motifs, probablement d'inspiration végétale et géométrique, témoignent du savoir-faire des sculpteurs locaux formés aux nouvelles grammaires décoratives de la Renaissance. La fontaine, érigée en 1550, adopte le vocabulaire gothique tardif caractéristique des constructions religieuses bretonnes de cette période, longtemps imperméables aux influences nouvelles venues d'Italie. Elle se compose d'une niche encadrée de quatre pinacles élancés et d'une piscine en contrebas destinée à recueillir l'eau sacrée. Ce type de fontaine-oratoire, fréquent en Basse-Bretagne, combine fonction spirituelle et fonction pratique, l'eau de la source étant réputée bénéfique. L'ensemble forme un dispositif architectonique cohérent, pensé pour l'accueil des pèlerins et la célébration des pardons.
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