Nichée dans la campagne bretonne, cette chapelle du XVIe siècle déploie un clocher à flèche octogonale, un bas-côté à charpente apparente et une fontaine votive sous pignon pointu — joyau discret de la dévotion populaire en Argoat.
Au cœur du pays de Corlay, dans la commune de Paule, la chapelle de Lansalaün de Notre-Dame de Folgoat s'impose comme l'un de ces lieux secrets que la Bretagne intérieure réserve aux voyageurs qui savent s'écarter des grands axes. Modeste dans ses dimensions, elle n'en recèle pas moins une cohérence architecturale et une charge spirituelle propres à toucher même le visiteur le moins familier des traditions religieuses bretonnes. Son nom même — qui évoque la célèbre basilique de Folgoat, en Finistère — témoigne d'une dévotion mariale enracinée dans tout le pays breton. Ce qui rend cette chapelle véritablement singulière, c'est la complémentarité de ses éléments : le clocher de pierre à deux étages couronné d'une sobre flèche octogonale dialogue avec une nef à chevet carré dont l'intérieur dévoile une belle charpente de bois apparent, typique des ateliers charpentiers armoricains de la Renaissance. Le bas-côté, adossé comme un bras tendu vers la communauté paysanne qui l'a édifié, amplifie l'espace sans alourdir le volume général. À l'extérieur, le calvaire et la fontaine votive sous son abri à pignon pointu composent un ensemble cohérent qui rappelle combien l'espace sacré breton ne se limitait pas aux murs de l'édifice lui-même. La fontaine, lieu de pèlerinage et de guérison dans l'imaginaire populaire, invite à une méditation sur le rapport intime entre eau, foi et territoire que les Bretons ont cultivé durant des siècles. La visite, courte mais dense, se révèle idéale pour qui souhaite s'imprégner de l'architecture religieuse rurale bretonne dans son authenticité la plus brute. Point de dorure ni d'apparat : ici, c'est la pierre grise, le bois sombre et la lumière filtrée des baies qui créent l'atmosphère. Photographes et dessinateurs d'architecture y trouveront un sujet d'une grande richesse plastique, notamment au couchant, lorsque la lumière rasante souligne les joints de la maçonnerie et les nervures de la charpente.
La chapelle de Lansalaün de Notre-Dame de Folgoat est un édifice de plan simple et fonctionnel, caractéristique des constructions religieuses rurales bretonnes du XVIe siècle. Elle se compose d'une nef unique à chevet carré — solution architecturale fréquente en Armorique intérieure, qui tranche avec les absides polygonales du gothique flamboyant côtier — flanquée d'un bas-côté latéral qui élargit l'espace de culte sans modifier fondamentalement la silhouette extérieure. Ce bas-côté est couvert d'une charpente de bois apparente, soigneusement travaillée, dont les pannes et entraits offrent un spectacle de menuiserie charpentière d'une belle qualité artisanale. À l'extérieur, le clocher en pierre de taille constitue le point focal de l'édifice. Élevé sur deux étages, il se couronne d'une flèche octogonale élancée, motif récurrent des clochers bretons de la Renaissance qui cherchent à concilier la solidité romane et l'élégance des nouvelles formes venues d'Italie et de Loire. Les parements de granit local, caractéristiques des constructions de l'Argoat, confèrent à l'ensemble une tonalité grise sévère mais profondément accordée au paysage. L'enclos extérieur complète harmonieusement l'édifice : un calvaire sculpté dans la tradition des ateliers bretons et une fontaine votive abritée sous un édicule à pignon pointu — forme qui reprend en miniature le vocabulaire gothique de la chapelle elle-même. Cet ensemble fontaine-calvaire-chapelle forme un « triptyque sacré » rural d'une grande cohérence, témoignage précieux de l'organisation de l'espace religieux populaire en Bretagne centrale au XVIe siècle.
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