Chapelle de la Maladière-de-Veige ou Sainte-Madeleine, situé à Cornier (Département 74), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Nichée en Haute-Savoie, cette chapelle gothique de la fin du XVe siècle fascine par ses deux portails superposés d'arcs brisé et en accolade, et ses trois piscines liturgiques intégrées aux murs — un écrin médiéval d'une sobriété remarquable.
Au cœur du pays de Cornier, entre les reliefs verdoyants de la Haute-Savoie et les lumières changeantes du Faucigny, la chapelle de la Maladière-de-Veige — dédiée à sainte Madeleine — se dresse avec la discrétion altière des édifices médiévaux qui ont traversé les siècles sans chercher à s'imposer. Petit mais parfaitement abouti, ce volume rectangulaire de la fin du XVe siècle incarne l'architecture religieuse rurale savoyarde dans ce qu'elle a de plus authentique : une économie de moyens élevée au rang d'art. Ce qui rend la chapelle Sainte-Madeleine véritablement singulière, c'est la coexistence, sur une même façade, de deux portails de styles légèrement distincts — l'un couronné d'un arc brisé classique, l'autre d'un arc en accolade flamboyant — comme si deux mains, deux générations ou deux ambitions s'étaient succédé dans sa conception. Cette dualité formelle, rare pour un édifice aussi modeste, trahit une attention portée au détail qui dépasse la simple fonction utilitaire. À l'intérieur, les deux travées voûtées sur croisées d'ogives créent un espace d'une élégance contenue. Les clés de voûte et les nervures dessinent leur réseau sur la pierre avec une précision qui témoigne du savoir-faire des tailleurs du Faucigny. Mais c'est la présence de trois piscines liturgiques percées dans les murs qui surprend le visiteur attentif : un luxe fonctionnel pour un édifice de cette taille, révélant une vie sacramentelle intense et une communauté soucieuse du bon accomplissement de ses rites. Visiter la chapelle de la Maladière, c'est s'extraire du bruit du monde pour entrer dans une temporalité différente. La lumière filtre sobrement, les voûtes imposent le silence, et l'on comprend pourquoi cet édifice, longtemps associé à une maladrerie — lieu de soin et d'accueil des exclus —, a su conserver une atmosphère d'une densité particulière. Inscrit aux Monuments Historiques depuis 1932, il bénéficie d'une protection méritée qui garantit sa transmission aux générations futures.
La chapelle de la Maladière-de-Veige adopte un plan rectangulaire à deux travées d'une grande simplicité formelle : une pour le chœur, l'autre pour la nef. Ce schéma bipartite, courant dans les chapelles rurales savoyardes du XVe siècle, permet une distinction liturgique claire entre l'espace réservé au célébrant et celui dévolu aux fidèles, tout en maintenant une unité spatiale propice au recueillement. Les deux travées sont voûtées sur croisées d'ogives, système constructif gothique par excellence, dont les nervures de pierre convergent vers des clés de voûte qui constituent les points d'orgue décoratifs de l'intérieur. La façade constitue le moment le plus élaboré de l'édifice. Elle est percée de deux portails dont les arcs révèlent deux vocabulaires complémentaires du gothique tardif : un arc brisé, sobre et structurel, et un arc en accolade, plus ornemental, dont la forme en double courbe caractérise le style flamboyant de la seconde moitié du XVe siècle. Cette dualité confère à la façade un caractère à la fois didactique et délicat. Les murs, vraisemblablement construits en pierre calcaire locale ou en tuf, matériaux abondants dans le Faucigny, témoignent d'une mise en œuvre soignée par des artisans régionaux. À l'intérieur, l'élément le plus remarquable reste la présence de trois piscines liturgiques creusées dans les parois. Ces niches à vasque permettaient l'évacuation des eaux utilisées lors des rites sacramentels — ablutions du prêtre, purification des vases sacrés. En disposer de trois dans un espace aussi réduit suggère soit une organisation liturgique particulièrement rigoureuse, soit l'existence d'autels secondaires associant chacun sa propre piscine, ce qui serait cohérent avec les pratiques dévotionnelles de la fin du Moyen Âge.
Chapelle de la Maladière-de-Veige ou Sainte-Madeleine est situé à Cornier, dans le département Département 74, en Auvergne-Rhône-Alpes, en France.
Chapelle de la Maladière-de-Veige ou Sainte-Madeleine date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Chapelle de la Maladière-de-Veige ou Sainte-Madeleine est actuellement fermé au public.