Chapelle de la famille Gonnet, située au cimetière de l'Est, situé à Lille (Nord), est un monument historique. Le monument est actuellement fermé au public.
Joyau néogothique du cimetière de l'Est de Lille, cette chapelle funéraire de 1858 conjugue pierre sculptée et vitraux de Didron en un écrin solennel pouvant accueillir quarante sépultures.
Au cœur du cimetière de l'Est de Lille, la chapelle de la famille Gonnet s'impose comme l'une des plus belles expressions de l'architecture funéraire néogothique du Second Empire dans la région des Hauts-de-France. Érigée en 1858 par l'architecte Charles Leroy, elle témoigne du goût d'une bourgeoisie lilloise prospère pour les formes médiévales revisitées, symboles d'éternité et de piété familiale. Ce qui distingue véritablement cet édifice, c'est la qualité exceptionnelle de ses vitraux, confiés à Édouard Didron, l'un des maîtres verriers les plus respectés du XIXe siècle. Représentant les saints patrons des commanditaires, ces fenêtres colorées baignent l'intérieur d'une lumière irréelle, transformant l'espace de recueillement en un véritable écrin de couleurs et de symboles spirituels. La pierre taillée avec soin, les nervures élancées et les détails ornementaux complètent ce tableau d'une sobre élégance. Visiter la chapelle Gonnet, c'est s'immerger dans l'intimité du deuil bourgeois du XIXe siècle. Conçue pour contenir une quarantaine de sépultures, l'édifice articule deux travées dans un espace recueilli où chaque détail architectural renvoie à la foi et à la mémoire. La lumière filtrée par les vitraux y crée une atmosphère contemplative propice à la méditation sur le temps qui passe. Inscrite aux Monuments Historiques depuis 2006, la chapelle s'inscrit dans un ensemble plus vaste : le cimetière de l'Est de Lille, véritable musée à ciel ouvert du patrimoine funéraire lillois. Promeneurs, amateurs d'histoire et passionnés d'architecture y trouvent matière à de longues déambulations, entre mausolées Second Empire, monuments civiques et épitaphes qui racontent une ville et ses familles fondatrices.
La chapelle Gonnet adopte le vocabulaire formel du néogothique tel qu'il fut codifié en France au milieu du XIXe siècle, sous l'influence conjuguée des théories de Viollet-le-Duc et du renouveau catholique. L'édifice en pierre présente un plan allongé articulé en deux travées, formule classique de la chapelle privée qui permet de distinguer une zone d'entrée d'un chœur réservé à l'autel et au recueillement. Les élévations extérieures adoptent probablement les motifs caractéristiques du style : arcs brisés, contreforts rythmant les façades, peut-être un pignon à rampants orné d'un fleuron au faîte, et des ouvertures à lancettes accueillant les vitraux. L'intérieur révèle toute la richesse du programme iconographique commandé par Mme Gonnet. Les vitraux d'Édouard Didron, consacrés aux saints patrons des membres de la famille, constituent la pièce maîtresse de la décoration. La technique de ces verrières du XIXe siècle marie la grisaille médiévale réinterprétée à une palette chromatique intense — bleus profonds, rouges carminés, ors lumineux — propre au style néogothique romantique. Ces fenêtres assurent également la fonction pratique d'éclairer un espace qui, par vocation funéraire, se devait d'associer lumière symbolique et atmosphère recueillie. La capacité d'accueil de quarante sépultures implique des aménagements souterrains ou muraux soigneusement intégrés à la structure. L'ensemble révèle une maîtrise technique certaine de la part de Charles Leroy, qui parvient à concilier les exigences fonctionnelles d'un monument funéraire familial ambitieux avec les impératifs esthétiques d'un édifice de prestige, dans un équilibre propre au meilleur de l'architecture néogothique provinciale française.
Chapelle de la famille Gonnet, située au cimetière de l'Est est situé à Lille, dans le département Nord, en Hauts-de-France, en France.
Chapelle de la famille Gonnet, située au cimetière de l'Est est actuellement fermé au public.