Joyau néo-Louis XIII du bocage breton, le château du Bois-Bide éblouit par son grand salon décoré en 1929 par Jobbé-Duval et son parc dessiné par le paysagiste Henri Nivet, entre jardins à la française et quinconces centenaires.
Niché dans la verdure tranquille de Pocé-les-Bois, en Ille-et-Vilaine, le château du Bois-Bide constitue l'un des exemples les plus accomplis du renouveau néo-Louis XIII en Bretagne orientale. Sa silhouette asymétrique, avec ses pavillons contrastés et ses deux tourelles circulaires encadrant le corps d'entrée, trahit une ambition architecturale rare pour une demeure de cette région, davantage marquée par la sobriété du granit que par l'ostentation des grandes résidences ligériennes. Ce qui distingue véritablement le Bois-Bide, c'est la richesse de ses intérieurs, fruit d'un chantier décoratif s'étalant sur plus de trois décennies. Boiseries du XVIIIe siècle rescapées, ensembles Belle Époque et, surtout, le grand salon parachevé en 1929-1930 par le peintre Auguste Jobbé-Duval : plafond à caissons orné de scènes allégoriques, lambris surmontés de soie damassée et cheminée en marbre rose composent un intérieur d'une élégance souveraine, à mi-chemin entre classicisme français et raffinement Art Déco. Le visiteur est tout autant conquis par l'écrin paysager qui entoure le château. Le parc, repensé au début des années 1910 par le paysagiste Henri Nivet, conserve des éléments d'une grande ancienneté : un jardin à la française, une orangerie et un portail datant du XVIIIe siècle, auxquels s'ajoutent un potager et un impressionnant quinconce planté en 1890. L'ensemble forme un dialogue subtil entre composition géométrique classique et naturalisme paysager. Inscrit aux Monuments Historiques par arrêté du 24 août 2007, le Bois-Bide témoigne d'une continuité patrimoniale remarquable : chaque époque y a laissé sa trace, des fondations du XVIIe siècle aux aménagements de l'entre-deux-guerres, sans jamais rompre l'harmonie d'ensemble. Pour les amateurs d'architecture, d'arts décoratifs et d'art des jardins, cette demeure constitue une destination d'une densité culturelle exceptionnelle.
Le château du Bois-Bide s'inscrit pleinement dans le vocabulaire néo-Louis XIII qui connut un regain de faveur dans la seconde moitié du XIXe siècle, porté par le goût romantique pour les styles nationaux. Son plan délibérément dissymétrique le distingue des compositions académiques trop rigides : le corps de logis principal est flanqué d'un pavillon rectangulaire au nord et, au sud, d'un pavillon terminé par une abside polygonale, conférant à l'ensemble une dynamique volumétrique originale. À l'est, le corps d'entrée est encadré de deux tourelles circulaires à toits en poivrière, motif typique de l'architecture manoriale française réinterprété à travers le prisme éclectique du XIXe siècle. Les intérieurs constituent peut-être la part la plus précieuse du monument. Le principe retenu pour leur décoration tient à une stratification délibérée des époques : des boiseries du XVIIIe siècle cohabitent avec des ensembles conçus entre la fin du XIXe siècle et les années 1930. Le grand salon représente l'aboutissement de cette ambition décorative : son plafond à caissons peint de scènes allégoriques par Auguste Jobbé-Duval, ses lambris surmontés de panneaux de soie damassée et sa cheminée en marbre rose s'inscrivent dans un registre élégant à la frontière du classicisme français et des arts décoratifs de l'entre-deux-guerres. Le domaine conserve par ailleurs plusieurs éléments architecturaux antérieurs à la reconstruction du XIXe siècle, témoins du domaine originel du XVIIIe siècle : un portail d'entrée, une orangerie et les structures du jardin à la française. Ces éléments, délibérément préservés lors des grands travaux, enrichissent la lecture chronologique du site et témoignent d'une sensibilité patrimoniale précoce chez ses propriétaires successifs.
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Pocé-les-Bois
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