
Édifiée sur le tombeau du saint évangélisateur des Gaules, la basilique Saint-Martin de Tours est l'un des plus grands lieux de pèlerinage de la chrétienté médiévale, rebâtie en style néo-byzantin à la fin du XIXe siècle.

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Au cœur de Tours, la basilique Saint-Martin s'élève sur l'un des sols les plus sacrés de France : celui où repose saint Martin, l'apôtre des Gaules, mort en 397. Son imposante silhouette néo-byzantine, couronnée de deux tours distinctives — la tour Charlemagne et la tour de l'Horloge, vestiges de l'ancienne basilique médiévale — confère au site une majesté rare, mêlant mémoire médiévale et ambition architecturale du XIXe siècle. Ce qui rend ce monument véritablement unique, c'est la stratification de l'histoire qu'il recèle. Sous ses voûtes modernes sommeillent deux millénaires de dévotion ininterrompue. Le tombeau du saint, vénéré dès le Ve siècle par des foules venues de toute l'Europe, a suscité la construction de plusieurs basiliques successives, dont les traces affleurent encore dans le tissu urbain tourangeau. Visiter Saint-Martin, c'est traverser les âges en quelques pas. L'expérience de visite est à la fois spirituelle et esthétique. La nef, vaste et lumineuse grâce à ses verrières polychromes, invite au recueillement. La crypte, qui conserve le tombeau de saint Martin, demeure le point de convergence émotionnel du lieu : des pèlerins de toute l'Europe s'y retrouvent encore aujourd'hui, perpétuant un mouvement de foi qui remonte à l'Antiquité tardive. La qualité des mosaïques et des décors intérieurs, typiques de l'esthétique cléricale de la Belle Époque, séduit également l'amateur d'arts décoratifs. Le cadre urbain de la basilique mérite l'attention. Implantée dans le quartier historique dit « La Psalette », à deux pas de la cathédrale Saint-Gatien, elle s'inscrit dans un ensemble patrimonial d'une remarquable densité. Les ruelles alentour, ponctuées de vestiges médiévaux, prolongent naturellement la promenade et invitent à une exploration approfondie du vieux Tours.
La basilique Saint-Martin de Tours appartient au courant néo-byzantin qui connaît une vogue considérable dans l'architecture religieuse française de la fin du XIXe siècle, notamment illustrée par le Sacré-Cœur de Montmartre. Conçue par Victor Laloux et achevée par Maurice Boille, elle se distingue par un plan en croix latine à cinq nefs, coiffé d'une coupole centrale octogonale qui domine la silhouette du quartier. La façade occidentale, encadrée de deux tours élancées à coupoles, affiche une ordonnance solennelle rythmée d'arcs en plein cintre et de colonnes à chapiteaux richement sculptés. L'intérieur frappe par la générosité de l'espace et la qualité des décors. Les voûtes en berceau et les coupoles sont ornées de mosaïques aux tons dorés et bleutés représentant des scènes de la vie de saint Martin, exécutées selon la tradition byzantine par des ateliers spécialisés. La lumière, filtrée par de larges verrières polychromes, baigne l'ensemble d'une atmosphère recueillie. Les matériaux employés — pierre de tuffeau extraite des carrières tourangelles, marbre pour les autels et les revêtements — ancrent l'édifice dans la tradition constructive de la Touraine. Deux tours médiévales, vestiges de l'ancienne basilique romane du XIe siècle, encadrent le site et lui confèrent une profondeur historique irremplaçable. La tour Charlemagne (XIIe siècle) et la tour de l'Horloge (XIe-XIIe siècles) s'élèvent à respectivement 52 et 45 mètres, témoignant du gigantisme de l'édifice médiéval disparu. En contrebas, la crypte abrite le tombeau de saint Martin, point focal du pèlerinage, simplement aménagé pour permettre la prière et le recueillement.
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Tours
Centre-Val de Loire