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Ancienne Maison de Montaigne

Monument

Au cœur de Bordeaux, cette demeure gothique du XVIe siècle abrite la mémoire de Michel de Montaigne, né en ces murs en 1533. Tourelle polygonale, oratoire à voûte d'ogive et cheminée d'époque y témoignent d'un passé exceptionnel.

Histoire

Nichée dans le quartier Saint-Michel de Bordeaux, l'ancienne maison de Montaigne est l'un des rares témoins bâtis de la vie du plus grand philosophe de la Renaissance française. Derrière une façade refaite au XVIIIe siècle se dissimule un ensemble architectural d'une richesse insoupçonnée, où pierres calcaires et ogives gothiques racontent quatre siècles d'histoire bordelaise. Ce qui distingue ce lieu de toute autre demeure liée à Montaigne — à commencer par son célèbre château de Saint-Michel-de-Montaigne en Dordogne — c'est son ancrage urbain et familial profond. C'est ici, rue de la Rousselle, que la famille de Montaigne avait constitué dès le XVIe siècle un vaste domaine de logis et d'entrepôts, témoignant d'une famille marchande puis anoblie en pleine ascension sociale. Ce n'est pas la résidence du penseur solitaire dans sa tour d'ivoire, mais bien le foyer d'une grande famille bordelaise, avec tout ce que cela implique de vie quotidienne, de commerce et d'urbanité. L'expérience de visite est celle d'une archéologie du sensible : franchir le seuil, c'est traverser des strates du temps. La cour intérieure dévoile un oratoire à voûte d'ogive quadripartite dont la clef pendante attire immédiatement le regard, tandis que l'arc d'entrée joue d'un subtil dialogue entre claveaux lisses en calcaire blanc et pierres grises vermiculées. Plus loin, la tourelle polygonale, amputée de son escalier, se dresse comme un vestige pudique de la grandeur passée. Le cadre, bien que profondément intégré dans le tissu urbain de la rive gauche de Bordeaux, n'en est pas moins saisissant. À quelques pas de la Garonne et des grands axes commerçants de la vieille ville, ce lieu invite à une pause contemplative dans un Bordeaux médiéval et Renaissance que l'on ne soupçonne guère derrière les façades classiques du XVIIIe siècle qui ont valu à la ville son inscription à l'UNESCO.

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