Ancienne église Notre-Dame
Ancienne chapelle castrale devenue collégiale en 1500, l'église Notre-Dame de Ribérac révèle un intérieur stupéfiant : coupole à angelots, trompe-l'œil baroque et caissons en fausse perspective d'une rare sophistication.
Histoire
Dissimulée dans le cœur historique de Ribérac, chef-lieu du Périgord Blanc, l'ancienne église Notre-Dame est l'un de ces monuments qui réservent leurs plus belles surprises à qui franchit leur seuil. Sobre et ramassée à l'extérieur, elle déploie à l'intérieur un programme décoratif d'une richesse inattendue, mêlant architecture romane, remodélages gothiques et une ornementation peinte d'inspiration Renaissance et baroque qui vous arrête net sur le seuil du chœur. Ce qui rend Notre-Dame de Ribérac véritablement unique, c'est la cohérence narrative de son décor peint du XIXe siècle, orchestré comme un véritable théâtre sacré. La voûte en cul-de-four de l'abside est entièrement couverte de caissons traités en fausse perspective, créant un effet d'espace démultiplié qui défie les dimensions réelles de l'édifice. En dessous, des saints occupent des niches en trompe-l'œil d'une précision illusionniste remarquable, tandis que la coupole s'anime d'angelots portant des phylactères autour de la Vierge. Ce type de programme iconographique complet est rarissime dans une église de cette échelle. La visite offre une expérience de déambulation progressive, depuis la nef lambrissée du XIXe siècle — lumineuse et apaisante — jusqu'au chœur romanesque et à son abside semi-circulaire, véritable sanctuaire de couleurs et d'illusions. La montée par la vis de pierre ménagée dans la pile nord-ouest du clocher constitue une aventure architecturale en elle-même, révélant la compacité ingénieuse du plan. Le cadre ribéracois contribue au charme de la visite : la ville, posée sur les collines douces du Périgord Blanc, est réputée pour son marché et sa communauté anglophone, mais recèle aussi ce patrimoine architectural que l'on découvre avec d'autant plus de plaisir qu'il est peu médiatisé. L'église Notre-Dame, désormais désaffectée, bénéficie d'une tranquillité propice à la contemplation des détails de son décor exceptionnel.
Architecture
L'église Notre-Dame de Ribérac présente un plan caractéristique de l'architecture romane périgourdine, articulé autour d'un chœur couvert d'une coupole sur pendentifs, suivi d'une abside semi-circulaire. Ce dispositif, hérité du roman saintongeais, confère à l'édifice une organisation spatiale verticale et concentrée, très différente de la nef longitudinale de l'architecture gothique. La nef, reconstruite en 1836, adopte un couvrement en lambris de bois, solution économique et légère qui tranche avec la pierre médiévale du chœur. Deux travées du XVe siècle encadrent le chœur, formant une sorte de croisée de transept qui assure la transition entre la nef moderne et l'espace roman originel. Un escalier en vis logé dans la pile nord-ouest donne accès au clocher posé sur le chœur, disposition caractéristique des édifices romans compacts du Périgord. L'intérieur est dominé par un programme pictural du XIXe siècle d'une sophistication remarquable. La voûte en cul-de-four de l'abside est entièrement couverte de caissons peints en fausse perspective, technique héritée de la peinture illusionniste de la Renaissance italienne. Des niches en trompe-l'œil abritent des représentations de saints sur les parois inférieures. La coupole est ornée d'angelots portant des phylactères entourant la Vierge, tandis que les pendentifs accueillent les quatre Évangélistes selon le schéma iconographique classique. Sur les diaphragmes des arcs nord et sud, des allégories de l'Innocence et de la Foi complètent cet ensemble décoratif d'une cohérence théologique exemplaire, constituant l'un des rares programmes peints intégraux de cette ampleur en Périgord Blanc.


