Ancienne Chapelle des Dames-de-la-Foi, ou des Mirepoises
Vestige disparu de Sarlat, cette chapelle baroque du XVIIIe siècle abritait les Dames de la Foi, un ordre féminin fondé sur l'impulsion de Fénelon pour reconvertir les jeunes protestantes du Périgord.
Histoire
Au cœur de Sarlat-la-Canéda, ville dont les ruelles médiévales semblent avoir figé le temps, s'élevait autrefois la chapelle des Dames-de-la-Foi, également connue sous le nom de chapelle des Mirepoises. Bien que détruite par un incendie en 1964 — l'année même qui suivit son inscription aux Monuments historiques —, elle demeure l'un des témoignages les plus singuliers de la vie religieuse et sociale du Périgord noir sous l'Ancien Régime. Ce qui rend cet édifice truly unique, c'est la nature même de l'institution qu'il servait. Les Dames de la Foi n'étaient pas un ordre contemplatif ordinaire : elles incarnaient une mission de reconversion religieuse en plein cœur d'un territoire marqué par les guerres de Religion. Leur chapelle, construite au tournant du XVIIIe siècle, était à la fois lieu de prière et espace d'éducation, mêlant sacré et pédagogie dans une même enceinte. Aujourd'hui, si les pierres ont disparu dans les flammes, le souvenir de cet édifice continue d'irriguer la mémoire sarladaise. Les passionnés d'histoire locale peuvent en retrouver la trace dans les archives diocésaines et les fonds documentaires de la ville, où plans, gravures et mentions d'époque permettent de reconstituer l'atmosphère de ce lieu singulier. Sarlat-la-Canéda, classée parmi les plus beaux centres médiévaux de France, offre par ailleurs un cadre exceptionnel pour qui souhaite s'imprégner de l'histoire religieuse du Périgord. La chapelle des Dames-de-la-Foi s'inscrivait dans ce tissu dense de monuments sacrés qui font de la ville un livre d'histoire à ciel ouvert, entre cathédrale Saint-Sacerdos et lanterne des morts.
Architecture
La chapelle des Dames-de-la-Foi s'inscrivait dans le registre de l'architecture religieuse baroque provinciale du début du XVIIIe siècle, caractéristique du Périgord de l'époque post-révocation. Construite en calcaire doré du Sarladais — la pierre blonde et lumineuse qui donne à toute la vieille ville sa cohérence visuelle remarquable —, elle présentait vraisemblablement une nef unique, une façade sobre agrémentée de pilastres et d'une corniche moulurée, et un chevet plat ou légèrement polygonal selon les conventions locales. L'intérieur, à l'image de nombreuses chapelles conventuelles de cette période, devait associer sobriété architecturale et richesse du mobilier liturgique : autels en bois doré, boiseries des stalles de chœur, et probablement quelques œuvres peintes ou sculptées liées à la dévotion mariale et à l'enseignement catéchétique cher aux Dames de la Foi. La chapelle remplissait également une fonction semi-publique, ouverte aux jeunes filles placées sous la tutelle de l'ordre pour recevoir leur formation religieuse. Détruite par l'incendie de 1964, la chapelle ne subsiste aujourd'hui que dans les archives iconographiques et les documents cadastraux. Son emplacement dans le tissu dense de la vieille ville de Sarlat témoigne néanmoins de l'importance accordée à cet ordre dans l'organisation urbaine et spirituelle de la cité au siècle des Lumières.


