Inauguré en 1848 au cœur de Pontivy, cet ancien théâtre abrite des fresques murales de 70 m² célébrant les costumes et traditions bretonnes — un trésor populaire classé Monument Historique.
Au cœur de Pontivy, ville au caractère double — médiéval et napoléonien — l'Ancien Théâtre se dresse comme un témoin silencieux de la vie culturelle et commerciale du Morbihan au XIXe siècle. Édifié à l'emplacement des anciennes halles en bois, ce bâtiment à double vocation incarne parfaitement l'ambition des élites municipales du Second Empire : offrir à la ville un équipement moderne alliant commerce et culture sous un même toit. Ce qui distingue véritablement ce monument, c'est la survivance exceptionnelle de ses peintures murales intérieures. Réalisées en 1935 par l'artiste Pierre Cadre à l'occasion de la transformation de la salle de spectacle en cinéma Rex, ces fresques de quelque 70 mètres carrés constituent un panorama unique de l'identité bretonne : costumes traditionnels de Guémené, Baud, Pluméliau et Saint-Thuriau, scènes de pardons, de kermesses, de noces et de fêtes champêtres. Loin d'être une simple décoration, elles forment un véritable document ethnographique peint, figé dans le temps au seuil de la Seconde Guerre mondiale. L'expérience de visite réserve une surprise constante : la façade sobre et bourgeoise du bâtiment ne laisse rien présiner de la richesse chromatique et narrative qui attend à l'intérieur. Passer du rez-de-chaussée commerçant à la salle haute, c'est opérer un glissement temporel, du quotidien vers la fête, du présent vers une Bretagne rurale idéalisée et pourtant sincère. Le bâtiment s'inscrit dans un tissu urbain dense, caractéristique du centre-ville de Pontivy, et invite à prolonger la découverte par une flânerie dans les ruelles médiévales proches ou vers le château des Rohan qui domine la ville. Pour les amateurs d'art régional, de patrimoine populaire ou d'histoire du spectacle vivant, l'Ancien Théâtre de Pontivy représente une étape incontournable et trop souvent méconnue.
L'Ancien Théâtre de Pontivy appartient au courant de l'architecture civile bourgeoise du deuxième quart du XIXe siècle, caractéristique des villes de province françaises sous la Monarchie de Juillet et la Seconde République. Sa façade, sobre et ordonnancée, reflète un éclectisme raisonnable propre à l'époque : travées régulières, ouvertures en plein cintre ou à linteau droit, traitement en pierre de taille locale ou en maçonnerie enduite, corniche soulignant la séparation entre le rez-de-chaussée commercial et l'étage noble. L'ensemble dégage une dignité institutionnelle sans ostentation, conforme au goût municipal de l'époque. La distribution intérieure suit un schéma fonctionnel clair : au rez-de-chaussée, les arcades ou vitrines des boutiques s'ouvrent sur la rue, créant une animation commerciale continue. À l'étage, la salle de spectacle — et ses salles annexes de réunion — constitue le cœur noble du bâtiment. Cette salle présente les dispositions classiques des théâtres municipaux de petites et moyennes villes : un volume rectangulaire ou légèrement trapézoïdal, avec probablement une scène surélevée, une galerie ou un balcon, et une acoustique travaillée par la hauteur sous plafond et les matériaux de revêtement. L'intérieur doit cependant son intérêt majeur aux peintures murales réalisées en 1935 par Pierre Cadre. Ces fresques de 70 mètres carrés, déployées sur les murs de la salle, constituent un décor total d'inspiration régionaliste, dans la veine des arts décoratifs des années 1930. Les coloris chauds, les silhouettes en costume traditionnel et les paysages bocagers ou côtiers bretons créent une atmosphère singulière, à mi-chemin entre le document ethnographique et la fresque populaire festive — une rareté dans le patrimoine des anciennes salles de spectacle françaises.
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