Ancien Hôtel du Premier Président du Conseil Provincial d'Artois, dénommé actuellement hôtel de Guînes, situé à Arras (Pas-de-Calais), est un château Renaissance construit au XVIe siècle. Le monument est actuellement fermé au public.
Joyau discret du XVIIIe siècle arrageois, l'hôtel de Guînes déploie ses façades en pierre blanche et ses pilastres doriques autour d'une cour d'honneur d'une élégance rare, témoignage précieux de l'aristocratie provinciale sous l'Ancien Régime.
Au cœur d'Arras, dans une rue dont le nom évoque les jongleurs médiévaux, se cache l'un des rares hôtels particuliers du XVIIIe siècle à avoir traversé les siècles sans perdre son âme. L'hôtel de Guînes — anciennement résidence du Premier Président du Conseil Provincial d'Artois — est une île de grâce classique dans une ville surtout connue pour ses maisons à arcades flamandes et ses façades baroques. Sa discrétion même est son premier charme : il faut franchir le porche pour découvrir la cour d'honneur et son architecture soignée. Ce qui rend cet édifice véritablement singulier, c'est l'équilibre savant entre la rigueur du classicisme français et les libertés ornementales du style rocaille qui fleurit vers 1740. Le fronton triangulaire de la façade sur cour, les pilastres cannelés à chapiteaux doriques, la frise historiée et les caissons incrustés de roses composent un ensemble décoratif d'une cohérence remarquable, à rebours des excès parfois constatés dans les hôtels provinciaux contemporains. Les clefs d'arcs sculptées en têtes de femme confèrent aux baies jumelées une expressivité presque portraitiste. L'intérieur réserve des surprises tout aussi précieuses. Les trois salons du rez-de-chaussée, de volumes identiques, conservent leurs parquets, leurs lambris, leurs cheminées et leurs plafonds dans un esprit XVIIIe siècle enrichi de retouches du siècle suivant — un palimpseste décoratif qui donne à ces pièces une profondeur historique supplémentaire. On devine les réceptions de la haute magistrature artésienne, les conversations politiques sous les lambris dorés, la vie d'une élite provinciale à son zénith. L'hôtel de Guînes est aussi un monument de la résilience. Incendié en 1915 lors des violents bombardements qui ravagèrent Arras, partiellement détruit, il fut patiemment restauré au fil du XXe siècle. La grande véranda en fonte et verre que la famille Boyenval avait ajoutée à la fin du XIXe siècle — curiosité architecturale en soi — disparut lors de ces travaux, laissant l'édifice retrouver une silhouette plus proche de son état originel. Pour l'amateur de patrimoine, la visite s'inscrit naturellement dans un parcours des hôtels particuliers arrageois, aux côtés de l'hôtel Dubois de Fosseux, aujourd'hui Cour des Comptes. Ensemble, ils forment les deux piliers d'une architecture civile d'exception qui témoigne de la prospérité culturelle et juridique de l'Artois au siècle des Lumières.
L'hôtel de Guînes s'organise selon un plan en U caractéristique des grands hôtels particuliers français du XVIIIe siècle, articulant un corps de logis principal autour d'une cour d'honneur fermée par des bâtiments de service. Le corps principal, à deux niveaux d'élévation sur cinq travées, repose sur un soubassement de grès relativement élevé qui lui confère une assise solide et une légère hauteur de représentation. La toiture en bâtière d'ardoises, percée de deux lucarnes placées dans l'axe des deuxième et quatrième travées, respecte les canons classiques de l'architecture résidentielle française. C'est la façade sur cour d'honneur qui concentre l'essentiel de l'expression architecturale et ornementale de l'édifice. Entièrement traitée en pierre blanche, elle révèle une composition rigoureusement symétrique animée par un avant-corps central de trois travées sur cinq, véritable manifeste stylistique de son époque. Les pilastres cannelés à chapiteaux doriques encadrent des baies jumelées dont les clefs d'arcs sont sculptées en têtes de femme d'une finesse remarquable. La frise historiée, les caissons incrustés de roses et le fronton triangulaire de style rocaille composent un programme décoratif qui mêle savamment la rigueur dorique et la fantaisie ornementale propre au goût français des années 1740. La façade rue des Jongleurs présente quant à elle un dispositif plus sobre, à un seul niveau et un attique, avec une travée axiale curviligne légèrement en retrait qui introduit une note de dynamisme baroque. À l'intérieur, les trois salons du rez-de-chaussée témoignent du soin apporté au confort et à la représentation. Leurs parquets, leurs lambris sculptés, leurs cheminées monumentales et leurs plafonds à décor stuqué constituent un ensemble décoratif de grande qualité, probablement enrichi lors des transformations du XIXe siècle. Les bâtiments de service, plus bas de toiture, avec leur attique sur haut soubassement et leur toit d'ardoises à brisis, délimitent avec élégance la cour intérieure tout en affirmant la hiérarchie architecturale caractéristique de l'hôtel particulier classique.
Ancien Hôtel du Premier Président du Conseil Provincial d'Artois, dénommé actuellement hôtel de Guînes est situé à Arras, dans le département Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, en France.
Ancien Hôtel du Premier Président du Conseil Provincial d'Artois, dénommé actuellement hôtel de Guînes date d'une période construite à la Renaissance (XVIe siècle).
Ancien Hôtel du Premier Président du Conseil Provincial d'Artois, dénommé actuellement hôtel de Guînes est actuellement fermé au public.