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Ancien couvent des Dominicains ou Frères Prêcheurs

Monument

Vestige saisissant de la vie dominicaine à Arles, ce couvent du XVe siècle abrite un cloître Renaissance d'une rare élégance, singulièrement divisé en deux îlots séparés par une ruelle médiévale.

Histoire

Niché dans le tissu urbain d'Arles, cité millénaire aux strates d'histoire superposées, l'ancien couvent des Dominicains — ou Frères Prêcheurs — constitue l'un des témoignages les plus attachants de l'architecture conventuelle provençale de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Loin des ensembles monastiques spectaculaires qui dominent les guides touristiques, il dégage une présence discrète et puissante, celle des lieux qui ont longtemps réglé le temps et les consciences d'une communauté. Ce qui rend ce monument véritablement singulier, c'est sa configuration urbaine hors normes : le couvent est scindé en deux îlots distincts par une ruelle qui s'est imposée entre ses murs comme une frontière invisible. D'un côté, la vie spirituelle s'organisait autour du cloître et de l'église conventuelle bâtie au XVe siècle ; de l'autre, la partie domestique — cellier, réserves, espaces de vie — était aménagée en réemployant les structures d'une église plus ancienne. Cette dualité spatiale est une curiosité architecturale rarissime dans le patrimoine conventuel français. Le cloître, édifié dans la seconde moitié du XVIe siècle, est le cœur vivant de l'ensemble. Ses galeries aux arcades soigneusement appareillées évoquent la sérénité et la rigueur propres à l'ordre dominicain, celui des intellectuels et des prédicateurs. Même partiel — la Révolution et les démolitions du XIXe siècle en ont sévèrement réduit l'emprise —, il conserve une dignité sobre qui parle directement à l'imagination. Visiter ce couvent, c'est accepter de lire entre les lignes de l'histoire : les manques y sont aussi éloquents que ce qui subsiste. Les traces de démolition, les murs orphelins, les galeries disparues racontent autant que les pierres encore debout. Un monument pour les amateurs de patrimoine authentique, non restauré à l'excès, qui préfèrent la patine à la reconstitution.

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