Ancien couvent des Carmélites, actuel couvent des Oblats
Au cœur d'Aix-en-Provence, l'ancien couvent des Carmélites déploie une chapelle baroque du XVIIe siècle ornée de décors peints attribués à Trophime Bigot, joyau discret d'une spiritualité provençale multi-séculaire.
Histoire
Niché dans le tissu urbain d'Aix-en-Provence, l'ancien couvent des Carmélites — aujourd'hui occupé par les Oblats de Marie Immaculée — constitue l'un de ces ensembles conventuels baroques que la Provence sait si bien dissimuler derrière ses façades austères. Fondé en 1624, l'édifice conjugue avec élégance la rigueur des ordres mendiants et la profusion ornementale propre à l'art baroque méridional, deux tendances en apparence contradictoires qui font tout le charme de ce lieu.
Architecture
L'ensemble conventuel s'inscrit dans la tradition de l'architecture religieuse baroque provençale du XVIIe siècle, caractérisée par une façade sobre en pierre de taille locale aux reflets dorés, contrastant avec la richesse de l'ornementation intérieure. La nouvelle chapelle élevée entre 1695 et 1701 sur les plans de Thomas Veyrier témoigne d'un baroque tempéré, typique du classicisme louis-quatorzien qui infléchit alors les ardeurs décoratives du midi : la structure reste lisible, ordonnée, mais les détails sculptés et la mise en scène de l'espace intérieur créent une atmosphère de ferveur contrôlée. La façade, sur laquelle Laurent Vallon intervint de manière attestée, présente vraisemblablement un ordonnancement de pilastres et de corniches scandant rythmiquement l'élévation, selon les canons de la composition classique adaptée au goût méridional. L'intérieur de la chapelle constitue le point d'orgue architectural et artistique de l'ensemble. Les décors peints attribués à Trophime Bigot, dans leur usage dramatique de la lumière et de l'ombre, confèrent aux espaces liturgiques une profondeur émotionnelle rare. Les volumes intérieurs, caractéristiques des chapelles conventuelles de cette période, combinent nef unique, chapelles latérales peu profondes et chœur des religieuses séparé. Les matériaux, typiquement provençaux — calcaire de Bibémus ou pierre de La Couronne, enduits à la chaux —, s'harmonisent avec le tissu urbain aixois environnant, faisant du couvent un élément organique du patrimoine bâti de la capitale comtale.


