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Abri à sculpture dit Abri du Poisson et abri Lartet

Monument

Niché dans la falaise vézérienne, l'Abri du Poisson recèle l'un des plus anciens bas-reliefs zoomorphes du monde : un saumon gravé il y a 25 000 ans d'une précision anatomique stupéfiante.

Histoire

Au cœur de la vallée de la Vézère, dans ce territoire que l'UNESCO a consacré « berceau de l'art préhistorique », l'Abri du Poisson et l'abri Lartet forment un ensemble archéologique d'une rareté absolue. Dissimulés sous un surplomb calcaire typique du Périgord Noir, ces deux abris sous roche constituent l'une des expressions les plus achevées de l'art pariétal du Paléolithique supérieur, contemporains de Lascaux et de la grande floraison créatrice du Gravettien et du Solutréen. La pièce maîtresse de l'ensemble est sans conteste le bas-relief dit « le Poisson » : un saumon (parfois identifié à une truite ou un omble) sculpté en plein roc sur la voûte de l'abri, long d'une soixantaine de centimètres, dont le modelé en relief est d'une précision anatomique que l'on associerait volontiers à une époque bien plus récente. La nageoire dorsale, la fourche caudale, la ligne latérale sont rendues avec une économie de moyens et une sûreté de main qui témoignent d'un savoir-faire accompli, transmis de génération en génération au sein de communautés de chasseurs-cueilleurs. L'abri Lartet, voisin immédiat, tire son nom de l'un des pères de la paléontologie et de la préhistoire française, et constitue lui aussi un jalon essentiel pour la compréhension des cultures magdaléniennes de cette portion de la Vézère. Ensemble, les deux sites permettent de saisir comment, sur quelques centaines de mètres de falaise, les hommes du Paléolithique ont choisi, sélectionné et investi des espaces abrités, y déposant leurs représentations du monde animal et sans doute des récits cosmogoniques dont nous ne percevons plus que l'écho de pierre. Visiter l'Abri du Poisson, c'est faire l'expérience d'une temporalité vertigineuse : se tenir à quelques centimètres d'une main humaine vieille de vingt-cinq millénaires, éprouver physiquement la continuité de la conscience artistique à travers les âges. Le cadre lui-même — falaises ocre et or, chênes verts accrochés aux surplombs, Vézère miroitant en contrebas — renforce cette impression d'un temps suspendu, où la préhistoire n'est pas un passé révolu mais une présence palpable.

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