Au cœur du pays mégalithique d'Erdeven, le tertre et les cistes du Pusso révèlent une sépulture collective néolithique d'une remarquable intégrité, témoignage silencieux de rituels funéraires vieux de cinq millénaires.
Niché dans la commune d'Erdeven, au sein de l'un des territoires les plus densément peuplés de mégalithes au monde, le tertre et les cistes du Pusso constituent un ensemble funéraire néolithique d'une valeur archéologique exceptionnelle. Ce site, récemment reconnu par une inscription aux Monuments Historiques en juillet 2023, s'inscrit dans la grande tradition morbihannaise des architectures de pierre brute érigées il y a environ 5 000 à 6 000 ans par des communautés agricoles sédentaires. Le monument se distingue par l'association d'un tertre — masse de terre et de pierres soigneusement aménagée en monticule — et de cistes, ces caissons funéraires formés de dalles de granite dressées et d'une dalle de couverture. Cette combinaison révèle une conception élaborée de l'espace funéraire, où le monde des vivants et celui des morts s'articulent selon une géographie symbolique précise. Chaque ciste pouvait accueillir une ou plusieurs sépultures, parfois accompagnées d'offrandes céramiques ou d'outils en silex poli. Visiter le Pusso, c'est se confronter à l'énigme de ces bâtisseurs anonymes du Néolithique, capables de mobiliser une communauté entière pour honorer leurs défunts dans une architecture de pierre destinée à défier l'éternité. Le silence du site, souvent baigné de lumières rasantes venues de l'Atlantique toute proche, renforce le sentiment d'une présence ancestrale palpable. Le cadre environnant d'Erdeven, avec ses alignements de Kerzerho à quelques kilomètres seulement, place le Pusso au sein d'un vaste réseau de sites mégalithiques dont la concentration exceptionnelle fait du Morbihan un territoire unique en Europe pour l'étude de la préhistoire monumentale. Ce contexte permet une visite enrichissante, en combinant plusieurs sites au cours d'une même journée.
Le tertre du Pusso appartient à la catégorie des monuments funéraires à chambre(s) lithique(s) caractéristiques du Néolithique moyen armoricain. Le tertre lui-même se présente comme un monticule de forme allongée ou subcirculaire, composé d'un empilement de terre, de graviers et de blocs de granite de petite taille, dont l'emprise au sol peut atteindre une vingtaine de mètres de longueur pour une hauteur conservée de un à deux mètres. Cette masse protectrice recouvre et signale les cistes, qui constituent le cœur architectural et symbolique du dispositif. Les cistes sont des coffres funéraires construits à partir de grandes dalles de granite local, dressées verticalement pour former les parois latérales et les extrémités du caisson, puis surmontées d'une ou plusieurs dalles de couverture horizontales. Chaque ciste mesure typiquement entre 0,8 et 1,5 mètre de longueur pour une largeur de 0,5 à 0,8 mètre, dimensionnements adaptés à l'inhumation d'un corps en position fléchie ou à des dépôts d'ossements regroupés. Le granite rose ou gris du Morbihan, matériau dominant dans cette région, confère aux dalles leur aspect rugueux et granuleux caractéristique. L'ensemble révèle une maîtrise technique remarquable pour une société sans métallurgie : l'ajustement des dalles, leur stabilisation par calage et le soin apporté à l'orientation générale du monument — souvent dirigé selon un axe est-ouest en lien avec le lever du soleil — témoignent d'un savoir-faire architectural pleinement élaboré, transmis de génération en génération par des artisans spécialisés.
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Erdeven
Bretagne