Au cœur d'Hennebont, le Puits Ferré dresse sa superstructure en fer forgé du XVIIe siècle, chef-d'œuvre de ferronnerie baroque aux rinceaux ciselés couronnés d'une élégante boule de faîte.
Nichée dans le vieux bourg d'Hennebont, cette petite merveille de ferronnerie bretonne intrigue et séduit par sa discrétion autant que par sa sophistication. Le Puits Ferré n'est pas simplement un équipement utilitaire hérité de l'Ancien Régime : c'est un témoignage rare de l'art du forgeron en milieu urbain portuaire, à l'heure où les villes bretonnes investissaient leurs espaces publics d'une ambition décorative nouvelle. Ce qui distingue immédiatement ce puits de ses contemporains, c'est la qualité de sa superstructure en fer forgé, conçue avec un soin remarquable. Les rinceaux qui soutiennent les poulies — aujourd'hui conservées bien que leur usage ait été supplanté par une borne-fontaine — témoignent d'un travail de ferronnerie d'une finesse inhabituelle pour un mobilier de voirie. Les membrures s'élèvent en fuseau vers le ciel avant de se rejoindre en un faisceau élancé, couronné d'une boule qui évoque à la fois les finials des balustrades de la Renaissance et les traditions symboliques du puits comme axe du monde. Visiter le Puits Ferré, c'est s'arrêter le temps d'un regard sur ce que le XVIIe siècle breton savait faire en matière de maîtrise artisanale du fer. Alors que le bois et la pierre dominent l'imaginaire du patrimoine rural, cet ouvrage rappelle que la métallurgie d'art avait aussi conquis les places et les ruelles de province. La margelle, recouverte d'une dalle protectrice, raconte à sa manière l'évolution des usages : d'un puits vivant, collectif et bruyant, à un monument figé dans le silence, gardien d'une mémoire hydraulique. Hennebont, ville fortifiée du Morbihan traversée par le Blavet, offre un écrin de choix pour ce monument discret. Entre ses remparts médiévaux préservés et son patrimoine architectural dense, la cité invite à une déambulation attentive où le Puits Ferré se révèle comme une pièce maîtresse de l'inventaire des arts de la rue en Bretagne méridionale. Photographes et amateurs de patrimoine insolite y trouveront un sujet d'une élégance sobre, loin des foules et des circuits touristiques battus.
La structure du Puits Ferré repose sur une architecture en deux parties distinctes : la margelle de pierre, couverte d'une dalle qui protège aujourd'hui l'ouverture du puits désaffecté, et la superstructure métallique qui s'élève au-dessus, véritable signature de l'ouvrage. Cette superstructure en fer forgé est organisée autour de montants verticaux ornés de rinceaux — motifs végétaux enroulés caractéristiques du vocabulaire décoratif du XVIIe siècle — qui servent également de supports aux poulies permettant jadis de hisser les seaux. L'ensemble des membrures converge vers le sommet en un faisceau resserré, geste architectural aussi fonctionnel qu'esthétique, couronné d'une boule de faîte qui ponctue la composition avec élégance. Le choix du fer forgé comme matériau principal pour une telle superstructure est en soi remarquable. À une époque où le bois demeurait dominant dans les couvercles et les fourches de puits ruraux, opter pour le métal travaillé à l'atelier révèle une volonté de durabilité et de prestige. Le style est caractéristique de la ferronnerie baroque provinciale française : rigueur de la structure portante combinée à la liberté ornementale des rinceaux, dialogue entre la ligne droite et la courbe végétale. Les proportions de l'ensemble, mesurées et sans ostentation excessive, s'accordent à l'échelle d'une rue de bourg breton du Grand Siècle.
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