Sentinelle de granit de 75 mètres dominant la Manche, le phare de Gatteville est le troisième plus haut de France, gardien néo-classique d'une des côtes les plus redoutables d'Europe.
Dressé à la pointe de Barfleur, là où le Cotentin s'avance comme une lame dans la Manche, le phare de Gatteville s'impose comme l'une des grandes silhouettes du littoral normand. Sa tour de granit, culminant à 75 mètres au-dessus des flots, le hisse au rang des phares les plus éloquents de France — troisième par sa hauteur —, et lui confère une présence architecturale rare que l'on perçoit de loin avant même d'avoir aperçu la mer. Ce qui rend ce monument singulier, c'est d'abord sa dualité : deux phares coexistent sur ce promontoire battu par les vents. L'ancien, construit en 1775, constitue un témoignage précoce de la rationalisation de l'éclairage côtier en France, tandis que le nouveau, édifié à partir de 1829 dans un style néo-classique soigné, représente l'ambition du XIXe siècle de maîtriser enfin cette côte meurtrière. Ensemble, ils forment un ensemble patrimonial unique, doublement protégé au titre des Monuments Historiques. L'expérience de visite commence bien avant d'atteindre le sommet : les quelque 365 marches de la vis intérieure — une par jour de l'année, dit-on — offrent un ascension progressive à travers l'histoire de la navigation, ponctuée de petites salles et de fenêtres qui dévoilent par fragments le panorama grandissant. Au sommet, la vue embrasse le raz de Barfleur, l'un des passages maritimes les plus dangereux d'Europe, avec ses courants impétueux et ses hauts fonds redoutables. Le site conserve également son sémaphore, ses anciens logements de gardiens et ses dépendances, formant un ensemble cohérent qui évoque la vie austère et rigoureuse des gardiens de phare d'antan. Ce microcosme architectural, posé à l'extrémité du monde normand, séduit autant les amateurs de patrimoine maritime que les passionnés de photographie, de lumière atlantique et d'histoire navale.
Le phare de Gatteville, élevé entre 1829 et 1835, s'inscrit dans le courant néo-classique qui marqua les grandes constructions d'utilité publique sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. La tour cylindrique, construite en granit de la région, atteint environ 75 mètres de hauteur totale, ce qui en fait le troisième phare le plus élevé de France. Son fût légèrement effilé vers le sommet lui confère une élégance sobre, renforcée par la qualité de l'appareillage en pierre qui lui garantit une résistance exemplaire face aux assauts répétés des tempêtes de la Manche. À l'intérieur, un escalier hélicoïdal de 365 marches serpente jusqu'à la galerie sommitale, rythmé de petits paliers et de niches qui allègent l'ascension. La lanterne, installée au sommet, fut progressivement perfectionnée au fil des décennies, jusqu'à l'électrification de 1893. Le premier phare de 1775, plus ramassé et d'un style plus classique tardif, se dresse à soixante mètres de la tour principale, formant avec elle un duo architectural d'une grande valeur documentaire sur l'évolution des techniques d'éclairage maritime. L'ensemble du site comprend également le sémaphore de Barfleur, les anciens logements des gardiens, des dépendances et un mur d'enceinte qui délimite et protège ce complexe maritime. L'harmonie de ces constructions en granit, d'une couleur grise et froide que le soleil normand sait parfois dorer, et leur dialogue avec le paysage littoral — rase lande, mer changeante, ciel immense — constituent l'une des compositions architecturales les plus mémorables du Cotentin.
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Gatteville-le-Phare
Normandie