Érigé en 1653 au cœur de la Bretagne rennaise, le château de Perronnay séduit par son élégant perron à double révolution et ses pavillons caractéristiques de l'architecture classique de la région de Rennes.
Niché dans la verdure bocagère de Romillé, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Rennes, le château de Perronnay est l'un de ces discrets joyaux du patrimoine breton que l'on découvre avec la satisfaction du connaisseur. Inscrit aux Monuments Historiques depuis 1948, il incarne avec élégance la tradition des maisons nobles de la région rennaise érigées au lendemain des guerres de Religion, quand la paix revenue autorisait enfin une nouvelle ère de construction et d'embellissement. Ce qui distingue immédiatement Perronnay, c'est l'équilibre savamment composé de sa façade : un corps de logis central dont la sobriété toute classique est animée par un magnifique perron à double révolution — ces deux volées d'escaliers symétriques qui se rejoignent sur un palier unique, signature aristocratique de l'architecture française du XVIIe siècle. De part et d'autre, deux pavillons peu saillants encadrent l'ensemble avec discrétion, tandis qu'un troisième pavillon, au sud, coiffé d'un spectaculaire comble à l'impériale, apporte à la composition une légère fantaisie qui rompt heureusement l'austérité bretonne. La visite de ce château, c'est aussi un voyage dans la mémoire d'une province qui sut, après les déchirements de la Ligue, rebâtir sur les ruines du passé. Là où s'élevait jadis une forteresse médiévale rasée par les conflits, des mains inconnues mais habiles ont édifié un demeure de plaisance qui n'a pas cherché à imposer son prestige mais à s'intégrer harmonieusement à son terroir. Le cadre paysager de Perronnay, typiquement breton avec ses frondaisons denses et ses horizons bornés de bocage, confère à l'ensemble une atmosphère d'intimité et de sérénité rarement égalée. C'est un château à vivre autant qu'à regarder, un édifice qui parle de la noblesse de robe rennaise, de ses ambitions mesurees et de son goût pour une élégance sans ostentation.
Le château de Perronnay offre un exemple cohérent et bien préservé de l'architecture classique bretonne du troisième quart du XVIIe siècle, avec ses parti pris de sobriété ornementale contrebalancée par une recherche évidente dans la composition d'ensemble. Le corps de logis principal, allongé et rythmé de fenêtres à meneaux ou croisées selon la tradition régionale, est précédé de son élément le plus spectaculaire : un perron à double révolution dont les deux rampes convergentes constituent une déclaration d'élégance aristocratique, motif architectural hérité de l'imaginaire de la Renaissance française et très répandu dans les demeures bourgeoises et nobiliaires du Bassin rennais. De chaque côté du corps central, deux pavillons latéraux peu saillants — c'est-à-dire ne dépassant que modérément l'alignement de la façade — assurent la cohérence de la composition sans alourdir l'ensemble. Au sud, un troisième pavillon, légèrement décalé, se distingue par son comble à l'impériale : cette couverture bombée à quatre pans, caractéristique du vocabulaire classique français de l'époque de Louis XIV, y apporte un accent presque inattendu qui témoigne de l'ambition des bâtisseurs. Les matériaux employés sont probablement la pierre de taille calcaire ou le schiste breton, selon la tradition constructive locale, avec des toitures en ardoise naturelle d'Anjou ou de la région rennaise, donnant à l'ensemble cette teinte grise et bleutée si typique de l'architecture de Bretagne intérieure.
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Romillé
Bretagne