Au cœur du vieux Quimper, cette maison prébendale du XVIe siècle conjugue rez-de-chaussée en moellons et étage en pans de bois, coiffée d'une tourelle caractéristique de l'architecture bretonne de la Renaissance.
Nichée dans l'un des quartiers les plus anciens de Quimper, cette maison prébendale est l'un des rares témoins encore debout de l'architecture civile bretonne des XVIe et XVIIe siècles. Sa silhouette composite, où la pierre robuste du rez-de-chaussée dialogue avec la légèreté apparente des pans de bois de l'étage, incarne à elle seule la transition entre le Moyen Âge finissant et les premières inflexions de la Renaissance en Basse-Bretagne. Ce qui distingue immédiatement cette demeure parmi le patrimoine quimpérois, c'est sa tourelle en encorbellement, appendice élancé qui signalait autrefois le rang et la fonction de ses occupants. Les maisons à tourelles étaient, dans les cités épiscopales bretonnes, le signe distinctif des chanoines et des prébendiers — ces clercs dotés d'un revenu ecclésiastique — qui logeaient à proximité immédiate de la cathédrale Saint-Corentin. Le terme « prébendale » n'est donc pas anecdotique : il ancre cet édifice dans l'orbite du pouvoir spirituel et intellectuel de la cité. La visite extérieure permet d'apprécier le soin apporté aux détails de charpente, avec des pièces de bois taillées et assemblées selon les méthodes traditionnelles de la Cornouaille. Les rues étroites qui l'entourent offrent des perspectives saisissantes sur l'ensemble de ce quartier historique, où les façades à colombages succèdent aux hôtels de pierre dans un continuum architectural rare en Finistère. Inscrite deux fois aux Monuments Historiques, en 1951 puis en 1969, la maison bénéficie d'une protection qui garantit la préservation de son caractère authentique. Elle s'inscrit pleinement dans le tissu patrimonial de Quimper, ville d'art et d'histoire dont le centre médiéval est l'un des mieux conservés du Grand Ouest. Pour qui sait lever les yeux au-delà des vitrines commerçantes, elle révèle une Bretagne urbaine d'une étonnante densité historique.
L'édifice présente une composition architecturale en deux registres superposés, caractéristique de la construction bretonne de la Renaissance. Le rez-de-chaussée, bâti en moellons de granite, offre une assise massive et pérenne, dont l'appareil rustique contraste délibérément avec la légèreté structurelle de l'étage. Ce dernier est réalisé en pans de bois : une ossature de charpente en chêne, dont les pièces obliques et horizontales forment un réseau visible depuis la rue, remplissait les intervalles d'un hourdis à base de torchis ou de briques. Cette dualité matérielle n'est pas seulement esthétique — elle reflète une économie constructive raisonnée, propre aux villes bretonnes où le granite est certes omniprésent mais son taillage long et coûteux. L'élément le plus remarquable de la façade est sans conteste la tourelle d'angle en encorbellement. Projetée au-dessus du nu du mur, elle repose sur une série de corbeaux sculptés et accueille un escalier à vis, disposition typique des maisons à prétention dans les villes épiscopales de Cornouaille. Ce type de tourelle, que l'on retrouve dans d'autres cités bretonnes comme Morlaix ou Vannes, permettait d'économiser de l'espace au sol tout en signalant visuellement la hiérarchie sociale de l'occupant. La toiture, à forte pente comme il est d'usage en Bretagne pour écouler les pluies abondantes, devait à l'origine être couverte d'ardoise, matériau dominant dans le Finistère depuis le XVe siècle. L'ensemble de la composition témoigne d'un savoir-faire local de haute tenue, à mi-chemin entre la tradition gothique tardive et les premières influences de la Renaissance, dont les échos atteignaient la Bretagne par les voies commerciales et les chantiers épiscopaux.
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