Au cœur de Pontivy, cette maison Renaissance du XVIe siècle séduit par sa tourelle en encorbellement sur colonne et sa façade ornée de pilastres sculptés — un joyau de pierre trop souvent méconnu.
Nichée sur une place de Pontivy, à quelques pas de l'ancien château des Rohan, cette demeure du dernier quart du XVIe siècle incarne avec élégance la Renaissance bretonne dans toute sa discrétion. Loin de l'ostentation des grandes résidences nobiliaires, elle déploie un vocabulaire architectural raffiné que seul un regard attentif sait pleinement apprécier : pilastres finement sculptés, consoles ouvragées, double couronnement au-dessus du portail d'entrée. Le tout composant une façade d'une cohérence remarquable pour une maison de ville provinciale. Ce qui distingue immédiatement ce bâtiment, c'est sa tourelle d'angle en encorbellement, reposant non pas sur une culée de maçonnerie banale, mais sur une colonne élancée — procédé rare et savant qui témoigne d'un commanditaire soucieux de se démarquer et d'un maître d'œuvre maîtrisant parfaitement les codes de l'architecture de la seconde Renaissance. La superposition des fenêtres à pilastres sur consoles confère à la façade un rythme vertical presque musical. La visite extérieure, librement accessible depuis la place, suffit à mesurer l'ambition décorative de l'édifice. Les passionnés d'architecture y trouveront matière à s'attarder longtemps, photographiant les détails sculptés que la pierre bretonne a su conserver avec une belle intégrité malgré les siècles. Le monument classé depuis 1930 bénéficie d'une protection qui garantit la pérennité de ses ornements. Le cadre pontivyen renforce le charme de la découverte : la proximité immédiate du château des Rohan, dont les tours médiévales se profilent à quelques mètres, crée un dialogue saisissant entre deux époques et deux sensibilités architecturales. La maison dite « rendez-vous de chasse » s'inscrit ainsi dans un ensemble patrimonial dense, qui fait de ce quartier de Pontivy l'un des itinéraires historiques les plus riches du centre-Bretagne.
La maison présente une élévation sur deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, organisée selon une logique Renaissance rigoureuse. La façade sur la place est rythmée par une porte d'entrée encadrée de pilastres et surmontée d'un double motif de couronnement — probablement un fronton brisé ou un entablement à crossettes —, disposition qui confère au portail une solennité toute classique. Aux deux niveaux supérieurs, les fenêtres sont traitées avec le même soin : pilastres posés sur des consoles sculptées créent un effet de superposition ordonnée qui rappelle les façades d'hôtels particuliers de la Loire ou du Poitou. L'élément le plus spectaculaire et le plus singulier de l'édifice est sans conteste sa tourelle d'angle en encorbellement. Contrairement aux tourelles habituelles qui reposent sur un cul-de-lampe ou un simple corbeau de pierre, celle-ci s'élève au-dessus d'une colonne — dispositif structurellement audacieux et esthétiquement remarquable, qui témoigne d'une connaissance des traités d'architecture et d'un désir affiché de distinction. Ce traitement de la tourelle sur colonne, rare dans l'architecture civile bretonne du XVIe siècle, rapproche la demeure des recherches formelles propres à la Renaissance italianisante. Les matériaux employés sont ceux de la tradition constructive bretonne : le granite local, robuste et à grain serré, a permis une taille précise des éléments décoratifs — pilastres, consoles, moulures —, qui ont conservé une lisibilité remarquable malgré quatre siècles d'exposition aux intempéries. La toiture, vraisemblablement en ardoise d'Anjou ou locale selon les usages de la région, coiffe l'ensemble avec la sobriété habituelle de l'architecture civile bretonne de cette période.
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Pontivy
Bretagne