Joyau de la Rennes médiévale, la Maison du Guesclin dresse ses trois étages en encorbellement sur la rue, ornée de statues de Saint-Michel et Saint-Sébastien sculptées dans le bois — un rare chef-d'œuvre de l'architecture civile bretonne du XVIe siècle.
Au cœur du vieux Rennes, la Maison du Guesclin s'impose comme l'un des témoignages les plus éloquents de l'architecture domestique bretonne de la Renaissance. Sa façade à pans de bois, rythmée par trois étages en encorbellement progressif, surgit de la rue comme un fragment de ville médiévale préservé par miracle dans une cité qui a pourtant connu l'un des incendies les plus dévastateurs de son histoire. Ce qui distingue cette demeure des nombreuses maisons à colombages de la région, c'est la qualité exceptionnelle de ses ornements sculptés. Poteaux, consoles et sablières sont travaillés avec une minutie qui dépasse le simple savoir-faire artisanal pour atteindre une véritable expression artistique. Les formes végétales, les motifs géométriques et les figures allégoriques qui courent sur la structure témoignent d'un atelier de charpentiers-sculpteurs de premier ordre, vraisemblablement actif à Rennes dans le premier tiers du XVIe siècle. La pièce maîtresse demeure le groupe de statues logé sous l'encorbellement du premier étage : deux figures en bois représentant Saint-Michel terrassant le dragon et Saint-Sébastien percé de flèches. Ces deux saints protecteurs, omniprésents dans la dévotion bretonne de l'époque, confèrent à la maison un caractère quasi sacré, rappelant que la frontière entre l'espace privé et la piété publique était très poreuse à la Renaissance. La visite de la façade, librement accessible depuis la rue, s'offre à tous les passants comme une leçon d'histoire condensée. Photographes et amateurs d'architecture y trouvent une source inépuisable de détails, tandis que les passionnés d'histoire locale y lisent en filigrane la prospérité d'une bourgeoisie rennaise en plein essor au siècle des grandes découvertes. La maison est aujourd'hui intégrée au tissu vivant de la ville, entourée d'autres demeures à colombages qui forment ensemble le décor authentique du vieux Rennes.
La Maison du Guesclin est une demeure à pans de bois caractéristique de l'architecture civile bretonne du début du XVIe siècle. Son élévation se compose d'un rez-de-chaussée massif surmonté de trois étages en encorbellement successifs, chaque niveau débordant légèrement sur le précédent, selon une technique qui maximisait la surface habitable tout en protégeant les façades inférieures des eaux de pluie. Ce procédé, courant dans les villes bretonnes et normandes médiévales, confère à la maison sa silhouette si caractéristique, légèrement penchée vers la rue comme pour se pencher sur les passants. La richesse décorative de la façade est son atout majeur. Les poteaux corniers et les poteaux de remplissage sont ornés de moulures profilées et de sculptures en bas-relief mêlant motifs végétaux, entrelacs et figures anthropomorphes, témoignant d'un vocabulaire ornemental à la charnière entre le gothique flamboyant tardif et les premières influences Renaissance venues d'Italie via la Loire. Les sablières — pièces de bois horizontales unissant les étages — et les consoles supportant chaque encorbellement reçoivent le même traitement soigné, transformant la structure porteuse en support d'un programme iconographique cohérent. Le clou de cet ensemble sculpté demeure les deux statues en bois placées sous l'encorbellement du premier étage : Saint-Michel, représenté en armure terrassant le dragon, et Saint-Sébastien, attaché à un poteau et percé de flèches. Ces figures en ronde-bosse, d'une facture remarquable pour de l'art populaire urbain, illustrent la dévotion des commanditaires et rappellent que la sculpture sur bois atteignait à Rennes, au XVIe siècle, un niveau de qualité comparable à celui des ateliers plus célèbres de la région.
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