Au cœur médiéval de Malestroit, la Maison du Pélican séduit par son poteau cornier sculpté d'un oiseau mythique — joyau d'architecture à pans de bois du Morbihan, inscrit aux Monuments Historiques.
Nichée dans les ruelles pavées de Malestroit, l'une des plus belles cités médiévales du Morbihan, la Maison du Pélican est l'une de ces demeures bourgeoises qui résument à elles seules plusieurs siècles d'histoire urbaine. Modeste en apparence, elle recèle une richesse architecturale que l'œil averti saisit immédiatement : un poteau cornier sculpté d'un pélican en bois, figure héraldique et religieuse d'une puissance symbolique rare, qui a donné son nom à la maison pour l'éternité. Ce qui rend la Maison du Pélican véritablement unique, c'est cette sculpture qui défie les siècles depuis le premier étage. Le pélican, symbole christique de sacrifice et de charité — il se blesse le flanc pour nourrir ses petits de son sang selon la légende médiévale —, était une figure prisée par les confréries religieuses et les familles bourgeoises pieuses. Sa présence ici témoigne de l'attachement profond des anciens habitants à une symbolique chrétienne inscrite jusque dans la pierre et le bois de leurs demeures. L'expérience de visite est celle d'une plongée dans le Malestroit du Moyen Âge tardif. La maison s'inscrit dans un ensemble urbain exceptionnel, aux côtés d'autres façades à colombages et d'hôtels particuliers qui forment l'un des ensembles patrimoniaux les mieux préservés de Bretagne intérieure. Observer la sculpture du pélican depuis la rue, chercher les détails de la charpente apparente, imaginer la vie qui animait ces murs — voilà une visite à la fois courte et intense. Le cadre de Malestroit amplifie encore le charme du lieu. Bordée par le canal de Nantes à Brest et la rivière Oust, la cité offre au promeneur un écrin naturel et historique sans pareil. La Maison du Pélican, visible depuis la place centrale, est une étape incontournable de tout circuit patrimonial dans cette partie du Morbihan, idéalement associée à la visite de l'église Saint-Gilles et des autres maisons médiévales environnantes.
La Maison du Pélican appartient à la grande famille des maisons à ossature bois — ou pans de bois — caractéristique de l'architecture civile médiévale bretonne et normande. L'édifice présente au moins deux niveaux, le premier étage étant probablement en encorbellement léger sur la rue, selon la disposition typique des maisons bourgeoises urbaines du XVe-XVIe siècle. Un enduit couvre aujourd'hui une partie des façades, masquant la charpente intérieure, mais le poteau cornier du premier étage demeure visible et constitue la pièce maîtresse de l'ensemble décoratif. Ce poteau cornier sculpté en bois représentant un pélican — vraisemblablement un pélican en piété, les ailes déployées et le bec incliné vers la poitrine selon l'iconographie médiévale traditionnelle — est une œuvre d'une qualité artisanale remarquable. Taillé dans un bois dur pour résister aux siècles, il témoigne du savoir-faire des sculpteurs sur bois bretons de la fin du Moyen Âge, dont l'art égalait souvent celui des maîtres imagiers travaillant la pierre. La toiture, à pente prononcée conforme aux usages régionaux pour évacuer les pluies abondantes du Morbihan, devait être couverte d'ardoise, matériau de prédilection en Bretagne depuis le Moyen Âge. L'implantation de la maison au sein du noyau ancien de Malestroit, à proximité des autres maisons à pans de bois de la cité, lui confère une dimension urbaine essentielle : elle participe d'un ensemble cohérent qui fait de Malestroit l'un des bourgs médiévaux les mieux conservés de Bretagne intérieure, comparable à Rochefort-en-Terre ou Josselin pour la qualité de son tissu historique.
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