Au cœur de Vannes, cette maison à pans de bois du XVIe siècle fascine par ses deux bustes de pierre en encoignure : un bourgeois et son épouse figés pour l'éternité, témoins espiègles d'une cité médiévale préservée.
Nichée à l'angle d'une rue du vieux Vannes, la maison dite « de Vannes et sa femme » est l'une des plus attachantes curiosités du patrimoine breton. Son surnom populaire vient des deux bustes sculptés en pierre qui ornent l'encoignure du rez-de-chaussée : un bourgeois et son épouse, représentés avec un réalisme malicieux qui appartient tout entier à l'esprit de la Renaissance populaire. Ces visages expressifs, ni vraiment graves ni franchement souriants, semblent observer avec une bienveillance ironique les passants qui défilent depuis cinq siècles. Ce qui distingue cette demeure de la multitude de maisons à colombages de Bretagne, c'est la qualité et la cohérence de son décor sculpté. Chacun des trois étages révèle des poutres moulurées et finement ciselées, témoignant du savoir-faire des charpentiers et sculpteurs locaux du XVIe siècle. Le bois, omniprésent, dialogue avec la pierre des bustes pour composer une façade d'une richesse inattendue dans l'architecture civile provinciale. Sous les combles, une discète statuette de franciscain vient rappeler l'omniprésence du religieux dans la société vannetaise de la Renaissance. Cette figure, moins connue du grand public, mérite pourtant l'attention : elle témoigne des liens étroits qui unissaient les bourgeois locaux aux ordres mendiants implantés dans la ville depuis le Moyen Âge. Le second étage et le pignon, quant à eux, arborent un revêtement d'ardoise caractéristique de l'architecture bretonne, qui confère à l'ensemble une silhouette à la fois robuste et élégante. Visiter cette maison, c'est s'immerger dans le quotidien d'un bourgeois aisé de la Bretagne renaissante. Le monument se découvre idéalement lors d'une promenade dans l'intra-muros de Vannes, en compagnie des autres maisons à pans de bois de la place Henri-IV ou de la rue Saint-Salomon. L'éclairage en soirée, lorsque les façades dorées s'embrasent sous les lumières de la ville, offre une atmosphère particulièrement saisissante.
La maison de Vannes et sa femme appartient au type bien établi de la maison à pans de bois en encorbellement, caractéristique des villes bretonnes et normandes du XVe au XVIIe siècle. Sa façade se développe sur trois étages surplombant progressivement la rue, selon le principe de l'encorbellement qui maximise la surface habitable des étages sans empiéter davantage sur le sol. L'armature de chêne est entièrement apparente, conformément à l'usage local, et chaque niveau présente des poutres sablières et des potences moulurées avec soin, témoignant d'un investissement ornemental supérieur à la moyenne des maisons contemporaines. L'élément le plus remarquable sur le plan sculptural réside dans les deux bustes en pierre taillée à l'encoignure du rez-de-chaussée. Représentant un couple de bourgeois dans un style réaliste teinté d'humanisme, ces sculptures illustrent l'influence de la Renaissance italienne filtrée par les ateliers régionaux bretons. Au sommet de la maison, sous les combles, une statuette de franciscain en pierre ou en bois témoigne de la persistance des motifs dévotionnels dans l'architecture domestique. Le second étage et le pignon sont couverts d'un bardage d'ardoise, matériau noble et protecteur par excellence en Bretagne, qui confère à l'ensemble une texture visuelle contrastée entre le brun chaud du bois et le gris bleuté de la pierre schisteuse.
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