Au cœur de Dinan médiévale, cette maison à pans de bois du XVe siècle fut le berceau d'Auguste Pavie, explorateur légendaire de l'Indochine. Un joyau de l'architecture bretonne inscrit aux Monuments Historiques.
Nichée dans le lacis de ruelles pavées qui font la renommée de Dinan, la maison dite d'Auguste Pavie s'impose comme l'un des témoins les plus éloquents de l'architecture civile bretonne du XVe siècle. Sa silhouette à colombages, caractéristique des demeures bourgeoises de la cité côtes-d'armoraines, dialogue avec un environnement urbain préservé où le Moyen Âge semble ne jamais tout à fait s'être retiré. Ce qui rend cet édifice singulier, c'est le double héritage qu'il incarne : celui de la pierre et du bois sculptés par des artisans médiévaux bretons, et celui d'un homme, Auguste Pavie, dont l'aventure indochinoise allait transformer la carte du monde. Que le futur « pacificateur du Laos » ait grandi entre ces murs confère à la maison une dimension romanesque qui dépasse largement le simple intérêt architectural. L'expérience de visite commence bien avant de franchir le seuil. La façade, avec ses encorbellements caractéristiques et ses poutres de chêne noircies par les siècles, s'offre comme une leçon d'architecture spontanée. Les proportions des fenêtres à meneaux, les larmiers sculptés et la disposition asymétrique des niveaux reflètent la logique constructive pragmatique mais esthétiquement aboutie des charpentiers dinannais. Le cadre environnant amplifie l'émotion. Dinan, l'une des cités médiévales les mieux conservées de Bretagne, enveloppe la maison d'un tissu urbain cohérent : remparts du XIVe siècle, basilique Saint-Sauveur, vieilles halles, rues de la Lainerie ou de la Poissonnerie. Se rendre à la maison d'Auguste Pavie, c'est traverser cinq siècles d'histoire sans jamais rompre le charme.
La maison d'Auguste Pavie est un exemple représentatif de l'architecture civile à pans de bois de la fin du Moyen Âge en Bretagne intérieure. Construite selon la technique du colombage, elle présente une ossature de chêne massif dont les poutres horizontales, verticales et diagonales définissent un quadrillage structurel comblé par un hourdage de torchis ou de brique. Les étages, légèrement en encorbellement les uns sur les autres selon la pratique courante du XVe siècle, confèrent à la façade son rythme ascendant si caractéristique des rues médiévales bretonne et normandes. La façade révèle un soin particulier dans le travail des bois apparents : les sablières, pièces horizontales qui couronnent chaque niveau, reçoivent souvent un décor en léger relief, motifs géométriques ou végétaux stylisés typiques de l'artisanat gothique finissant. Les fenêtres à meneaux de pierre, sans doute remaniées à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, équilibrent la verticalité des colombages par leurs divisions horizontales. La toiture à forte pente, couverte d'ardoise bretonne, répond aux exigences climatiques d'une région où les précipitations sont abondantes. La distribution intérieure, bien que difficile à restituer avec précision, correspond au schéma habituel de la maison bourgeoise médiévale : rez-de-chaussée vraisemblablement dévolu aux activités commerciales ou artisanales, étages réservés à l'habitation, avec une salle principale ouvrant sur la rue et des espaces plus intimes à l'arrière. L'ensemble, malgré les inévitables remaniements des siècles suivants, conserve sa lisibilité médiévale et reste un document architectural de premier ordre pour la compréhension de la ville ancienne.
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