Au cœur de Josselin, cette maison à colombages de 1538 épate par ses pilastres en fuseaux Renaissance ornant le rez-de-chaussée de pierre, surmontés d'un élégant pan de bois sculpté — un joyau civil breton inscrit aux Monuments Historiques.
Nichée dans les ruelles pavées de Josselin, ville médiévale du Morbihan dominée par son célèbre château des Rohan, cette maison datée de 1538 constitue l'un des témoignages les plus raffinés de l'architecture civile bretonne de la Renaissance. Loin des grandes demeures aristocratiques, elle incarne la prospérité discrète d'une bourgeoisie marchande ou d'un notable local, soucieux d'afficher sa modernité dans un contexte encore profondément gothique. Ce qui distingue immédiatement cette demeure, c'est la cohabitation harmonieuse de deux langages constructifs. Le rez-de-chaussée, en pierre de taille, arbore des pilastres en fuseaux — motif décoratif typiquement Renaissance, d'inspiration italienne — qui confèrent à la façade une élégance toute humaniste. Cette ornementation savante contraste avec la tradition locale et témoigne d'une circulation active des modèles artistiques dans la France du XVIe siècle, même en Bretagne armoricaine. Le premier niveau, en pan de bois, rappelle quant à lui les traditions constructives médiévales encore vivaces dans les villes bretonnes. Les pièces de bois, souvent sculptées ou assemblées selon des techniques ancestrales, constituent un répertoire décoratif à part entière. Cette dualité pierre-bois, loin d'être une contradiction, révèle le génie des artisans de l'époque, capables de fondre héritage local et nouveauté renaissante en une synthèse cohérente et visuellement saisissante. Visiter cette maison, c'est aussi embrasser du regard tout un quartier historique remarquablement conservé. Josselin possède l'une des concentrations les plus denses de maisons à pans de bois de Bretagne intérieure, et cette demeure de 1538 en est le fleuron daté. On prendra le temps d'en faire le tour, d'observer la modénature des pilastres, le rythme des fenêtres et l'articulation des niveaux, pour comprendre comment la Renaissance s'est filtrée, adaptée et réinterprétée aux marges du royaume de France.
La maison de 1538 présente une élévation en deux registres superposés, reflet fidèle des pratiques constructives de la première moitié du XVIe siècle en Bretagne armoricaine. Le rez-de-chaussée, maçonné en pierre de granite ou de schiste local — matériaux caractéristiques du Morbihan —, est rythmé par des pilastres en fuseaux, motif ornemental d'origine italienne adopté avec enthousiasme par les artisans français de la Renaissance. Ces pilastres en forme de fuseaux, gonflés en leur centre et effilés aux extrémités, constituent une déclinaison régionale des pilastres cannelés à l'antique, adaptés aux goûts et aux savoir-faire locaux. Ils encadrent les baies du rez-de-chaussée et confèrent à l'ensemble une cadence décorative d'une grande sophistication pour une construction civile de province. Le niveau supérieur adopte un parti constructif radicalement différent, avec un pan de bois à ossature de chêne dont les éléments porteurs sont vraisemblablement ornés de motifs sculptés : entrelacs, rinceaux, figures grotesques ou motifs géométriques, selon un répertoire courant dans les maisons à pans de bois bretonnes de cette époque. Cette structure en encorbellement léger sur le rez-de-chaussée, technique héritée du Moyen Âge, est ici intégrée dans une composition globale qui dialogue habilement avec le registre Renaissance du bas. La toiture, à pente prononcée selon la tradition bretonne, est couverte d'ardoise, matériau extrait en abondance dans les carrières du Morbihan et de la Loire-Atlantique voisine.
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Josselin
Bretagne