Suspendu au-dessus du Bono depuis 1869, ce pont aux câbles aériens tressés incarne l'audace de l'ingénierie bretonne du XIXe siècle, offrant un panorama saisissant sur le ria et ses bateaux de pêche.
Accroché comme un fil d'acier entre deux rives du Bono, ce pont suspendu est l'un des rares témoins intacts de l'ingénierie métallique bretonne de la seconde moitié du XIXe siècle. Ses câbles porteurs, tendus avec une précision d'horloger au-dessus du ria, forment une silhouette aérienne que l'on croirait tout droit issue d'un tableau romantique — d'autant plus saisissante au lever du soleil, lorsque la brume matinale enveloppe le golfe du Morbihan tout proche. Ce qui distingue ce pont de ses contemporains, c'est son système de câble continu passant sous la chaussée dans une galerie d'amarrage souterraine, une solution technique rare et ingénieuse qui assure la solidité de l'ensemble sans sacrifier l'élégance de la structure. Le voyageur attentif remarquera la qualité de l'assemblage des pylônes et la légèreté apparent du tablier, suspendu dans les airs comme par miracle au-dessus des eaux sombres et calmes du Bono. La visite du pont s'intègre naturellement dans la découverte du village de Bono, charmant port ostréicole niché dans un méandre du golfe du Morbihan. En traversant lentement la passerelle, le visiteur bénéficie d'un point de vue exceptionnel sur les barques amarrées, les maisons de pêcheurs aux façades de granit et les collines boisées qui encadrent la rivière. Le léger balancement de la structure sous les pas ajoute une sensation unique, mêlant frisson et émerveillement. Inscrit aux Monuments Historiques en 1997, le vieux pont suspendu du Bono est aujourd'hui un symbole patrimonial fort pour la commune et pour la Bretagne toute entière. Il rappelle que l'art de l'ingénieur peut rivaliser en beauté et en poésie avec les œuvres des architectes les plus célèbres, et que la technique, lorsqu'elle est au service du territoire, sait produire des paysages inoubliables.
Le vieux pont suspendu du Bono appartient à la grande famille des ponts suspendus à câbles porteurs, dont la France connut un véritable âge d'or au XIXe siècle. Reconstruit en 1869 par l'entreprise Forget, il présente une structure caractéristique de cette époque : deux pylônes métalliques encadrent le tablier et supportent les câbles aériens, tendus en courbe parabolique au-dessus des eaux du Bono. La chaussée suspendue, relativement étroite, est portée par un réseau de suspentes verticales raccordant les câbles porteurs au tablier. La particularité technique la plus remarquable de cet ouvrage réside dans son système de câble continu, qui ne s'ancre pas dans des massifs d'ancrage classiques en bout de pont, mais plonge sous la chaussée pour traverser une galerie d'amarrage souterraine. Ce dispositif, plus discret mais également plus sophistiqué que les solutions habituelles, permet de mieux répartir les efforts de tension et de garantir la stabilité de l'ensemble face aux variations de charge et aux conditions climatiques bretonnes souvent rudes. Les matériaux employés — métal forgé pour les pylônes et les câbles, bois et métal pour le tablier — témoignent du savoir-faire des constructeurs de la seconde moitié du XIXe siècle, capables d'allier robustesse et légèreté visuelle. Le pont s'inscrit avec grâce dans le paysage du ria, ses lignes tendues et aériennes contrastant avec les rives verdoyantes et les eaux calmes du Bono, offrant une image quasi pittoresque que ne renierait pas un graveur romantique de l'époque.
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